‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 100 sur 344 · PIS. — PLAINDRE · texte numérisé non relu

PIS. — PLAINDRE

PIS. METTf\K A FAIRE l'is LE SORT, le bravoi', lo (lôfiei" :

Que les hommes, les dieux, les démons et le sort

Préparent contre nous un général effort.

Je mets à Jaire pis. en l'état où nous sommes.

Le son et les démons, et les dieux et les hommes. Uor., n, -3.)

PISTOLE. LA PISTOLE EN MAIN, comiiie l'argent en main :

Allons sans perdre temps lui payer ma vengeance,

Et. kl pisioln en main, presser la diligence. : 1/e/., n, 3.)

PITEUX, avec un nom de chose, déplorable :

Vit-on jamais une âme en un jour plus atteinte

De joie et de douleur, d'espérance et de crainte.

Asservie en esclave à plus d'événements.

Elle pileux ]Ouelûe tant de changements? [t^or., iv, 4.)

Cet adjectif est aujourd'hui familier et d'un emploi très-res-

treint.

PLACÉ. CŒUR LE xMiEUx PLACÉ, cŒur le plus noble .

J'aimois quand j'étois jeune, et ne déplaisois guère. Quelquefois de soi-même on cherchoit à me plaire. Je pouvois aspirer au cœur le mieux placé. [Piilcli., a, l.)

PLAIE, tig., dans le sens de peine d'amour :

De mon frère par là soulage un peu les pluies;

Accorde un faux remède à des douleurs si vraies. (La PL Itoy., i, 1.)

PLAINDRE, V. a. plaindre quelque chose, exprimer des plaintes, des regrets de la perte, de la privation de quelque chose :

Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler :

J'aime ce qu'il me donne, et je plains ce qu'il m'ôte. Hor., ii, .3.)

— plaindre, neutr., comme se plaindre :

Et Cléone et le roi s'y jettent pour l'éteindre :

Mais (ô nouveau sujet de pleurer et de plaindre l)

Ce feu saisit le roi, ce prince en un moment

Se trouve enveloppé du même embrasement. [Méd., v, 1.)

Corneille dit encore donner a plaindre, pour signifier donner sujet de se plaindre :

Mais votre trop d'amour pour cet infâme époux

Vous donnera bientôt à plaindre comme à nous. (Uor.. m. U.)

On rencontre de nombreux exemples de plaindre empl. neutr. :

Ceulx sont les maulx que vous avez,

Desquelz à moy je vous voy plaindre. {Le Débat de deux demois.)

A quoy me serviroil de crier ny de plaitidre?

(GouGEX , Com. des ComéiL, la Courlis., i, 1.)

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