PIRE
point piquées d'une pieuse et généreuse émulation? (Bolrlal., Autre exhori. mila char. env. un sémin., il.} — Voila comment s'expliquoienl autrefois les prophètes, pour exciter dans les esprits de leurs auditeurs cette émulation toute divine, dont ils tâchoient à les piquer. (Id., Serm. pour le dim. dans l'oci. de l'Ascens., n.) — L'ambition est une noblesse d'âme, et c'est n'avoir point d'honneur, que de ne se sentir pas piqué d'une si belle passion. (Id.. Serm. sur le reniemeni de saint Pierre, i. ) — Vous vous sentiriez émus jusque dans le fond de l'âme, pénétrés, attendris, piqués de reconnaissance envers le meilleur de tous les maîtres. (Id., Serm. sur la trahison de Judas, ii.) — La peine doit être aussi légère qu'il est possible, mais accompagnée de toutes les circonstances qui peuvent piquer l'enfant de honte et de remords. (Fén., De l'Kduc. des filles, v.) — La cour étoit plus occupée du procès du comte d'Oxford, qui se poursuivoit avec vigueur au parlement. Ses amis publioient néanmoins que ce n'étoit qu'une feinte; et, pour piquer le roi d'honneur et de reconnoissance. ils se tuoient de répéter qu'il n'y avoit pas d'apparence que Sa Majesté voulût perdre un seigneur qui avoit rendu des services si considérables a la maison d'Hanovre. (Prévost, Mém. d'un homme de quai., x.) — Te refuser parce que tu es trop riche!... L'action est belle, au reste, et me pique de gein rosité. (Rûch. de Chab.^n.nl -, Les Amants uénéreux, I, 3.)
(3 11 disait d'une manière analogue sans de :
Henri ne s'endormoit pas si fort dans les plaisirs qu'il ne songeât quelquefois a ses affaires, étant réveillé et vivement piqué par les remontrances des ministres de sa religion et par les reproches de ses vieux capitaines huguenots. (Péréfixe, Hist. de Benri IV, V^ p., 1580.^ — Dieu se présente à elle ; il lui jette un rayon de lumière, il l'invite, il l'attire, il pique son désir. (Boss.; Disc, sur l'union de J.-C. avec son épouse.) — >'e proposez plus à une jeunesse imprudente les dignités de l'Ëglise, comme un moyen de piquer son ambition. (Id., iv^ Serm. pour le jour de Pdq., 11.1 — Cet état, si l'on est enfin assez heureux pour s'y ingérer, bien loin de mettre des bornes à l'ambition et d'en éteindre le feu, ne sert au contraire qu'à la piquer davantage et qu'à l'allumer. iBourd., Serm. pour le xvi« dim. après la Penl., i.) — Nous n'envisageons pas comme eux cette immortalité où ils aspiroient, et dont l'espérance les piquoii, les encourageoit, les emportoit au travers de tous les obstacles. ;'Id., Serm. pour la Touss-, m.) — Des marques d'honneur, et de justes récompenses attachées au mérite, piquent et réveillent l'industrie. (RnLLi.v, Traité des études, 1. vi, c. '2, art. 1.)
— SE PIQUER, s'affliger :
Apres tout, eutre nous, confesse francliemeat
Qu'une tille en ces lieux qui perd un fréie unique,
Jusques au désespoir fort rarement «épique. Mel., iv, 10.)
— .^E PIQUER, avec un nom de chose, devenir plus cuisant, plus amer, s'aigrir :
Ce que j'eus lors de joie augmente mon regret;
Par là mon désespoir davantage se pique. (La Gai. du Val., m, 11.)
PIRE, subst. SON PIRE, ce qu'il y a de pis pour lui :
Ma colère l'épargne et n'en veut qu'à Cléandre :
Il verra que son pire étoit de se méprendre. La PI. Roy., v, 4.)