‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 110 sur 344 · POINTE. RÉPARER UNE INJURE A LA POINTE DES ARMES · texte numérisé non relu

POINTE. RÉPARER UNE INJURE A LA POINTE DES ARMES

Commandez que son bras nourri dans les alarmes

Itépare cette injure à la pointe des armes. (Le Cid, il, 6.;

— Fig. LA POINTE DE l'aPPÉTIT :

Lorsque de part et d'autre un couple qui s'entr'aime

Abuse dextrement de cette liberté

Que permettent les lois de la civilité,

Et que le peu souvent que ce bonheur arrive,

Piquant notre appétit, rend sa pointe plus vive.

(La Veuve, i, 1, 1"' éd. jusqu'à 1654 inclus.;

On trouve dans un sens analogue la pointe de la saveur, pour signifier ce que le sens du goût a de fin, de délicat :

La longue habitude de mépriser le plaisir du goût avait éteint en lui toute la pointe de la saveur. (Boss., Panég. de S. Bern., i.)

On trouve aussi la pointe du plaisir, la pointe de la volupté :

La pointe du plaisir s'émousse par la souffrance. (Boss., Abr. d'ui: senn. pour le trois, dim. de Pdq., m.) — Les affaires, outre qu'elles ont leur plaisir, grand et sensible aux âmes bien faites, ajoutent je ne sais quelle force et quelle pointé a tous les autres plaisirs. (Pelliss., Hist. de Louis XIV, 1. i, 1661.) — Le plaisir pei<ï de sa pointe à proportion de sa durée. (Bourd., Serm. pour le xix* dim. de la Pent., II.) — Il n'y à rien aussi qui donne plus de pointe à lu volupté que la peine qui l'a précédée. (Sé.nault, De l'Usage des passions, i' p.. 6^ tr., 3e disc.j

Page 1