QUI
QUI, ellipt. POUR QUI, au lieu de pour celui qui :
A quel droit voulez-vous que cette haine cesse
Pour qui lui disputa ce trône et sa maîtresse. ()ih., ii, .5.)
— DE QUI, pour celui de qui :
C'est là (jue sur mon trône avec plus de splendeur
Je puis honorer Rome en son ambassadeur,
Faire réponse en reine, et comme le mérite
Et de qui l'on me parle, et qui m'en sollicite. [Nicom., m, 1.;
— A QUI, pour à quelqu'un qui :
Mais j'ai tort d'en parler à qui ne peut m'entendre. {PoL, v, 2.)
— n'avoir QUI TRO.MPER, n'avoir personne à pouvoir tromper :
C'est là que, loin du monde et de sa vaine pompe.
Je n'aurai qui tromper, non plus que qui me trompe. [La PL Roy., y, 7.)
— QUI, précédé d'une préposition, et se rapportant à un nom de chose, pour lequel :
Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux
De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous. [Ciuna, v, 3.)
Nommez quelques châteaux de qui les noms barbares, Plus ils bles.ient l'oreille, et plus ils semblent rares. {Le Meni., i, 4. Il y a des choses sur qui le poète n'a jamais aucun droit. {Deux. Disc] — J'ai fait voir qu'il y a des choses sur qui nous n'avons aucun droit. [Ibid.) — Les jurisconsultes admettent des fictions de droit, et je voudrois à leur exemple introduire des fictions de théâtre, pour établir un lieu théâtral, qui ne seroit ni l'appartement de Cléopâtre, ni celui de Kodogune dans la pièce qui porte ce titre. .. mais une salle sur laquelle ouvrent ces divers apparteinents , à (y«i j'attribuerois deux privilèges. (Trois. Disc.)
Il porta comme vous la pourpre vénérable, De qui le saint éclaf rend nos vœux éblouis.
{Sonnet pour M. D. Y- envoyant un galand à M L. C. D. L.)
11 n'y a guère que les grammairiens de nos jours qui aient proscrit cet emploi. Qu'on en juge par cette suite d'autorités :
Rien ne se peut sauver du milieu des sellions :
Mais bien quelques espics, levez des tourbillons Dans les buissons plus forts, soubs qui la vive guerre Que leur ont faict les vents les a fichez en terre. (D'.4ub., Lts Trag , v.) Il y a assez longtemps que vous me connoissez pour sçavoir que la paresse est une maladie qui me dure depuis le berceau, et pour qui tous les médecins ont perdu leur latin. (Racan, Leii. à Balzac] Et leurs sommets impérieux S'humilier devant la foudre De qui l'éclat victorieux Avoit mis La Rochelle en poudre.
(Id., I.eii. à Chapelle, Ménage ei Conrari.)
QUr. . 231
Voilà, je pense, tous les chefs, par qui la canaille a tâche de rendre odieuse la personne de Son Émincnce. (Cyrano, Leii. div., conlic les Frond.) Rompt ce fatal sommeil, par qui l'àmo charmée Dort en repos sur le bord des enfers. (Racine, Hymne.)
C'est en quoi je trouve la condition d'un gentilhomme malheureuse, de ne pouvoir point s'assurer sur toute la prudence et toute l'honnêteté de sa conduite, d'être asservi par les lois de l'honneur au dérèglement de la conduite d'autrui, et de voir sa vie, son repos et ses biens dépendre de la fantaisie du premier téméraire qui s'avisera de lui faire une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr, (Mol., Don Juan, ui, 3.) — Cette idée de l'être inllniment parfait renferme deux attributs absolument nécessaires pour créer le monde, une sagesse qui n'a point de bornes, et une puissance à qui rien n'est capable de résister. (Malebr., De la nature et de la yrilce, 1" dise, 1" p., xii.)
Et au dix-huitième siècle :
Ma tendre amitié pour vous, qui égale la perte que j'ai faite, et que je legarde comme ma plus douce consolation, remet mon esprit dans une assiette assez tranquille pour vous parler de ce petit ouvrage pour qui j'ai tant de sensibilité. (Volt., Lett., à Cideville, 2 oct. 1731.)
On pourrait croire qu'il y a ici qui, parce que ouvrage e?,i comme personnifié; cependant on trouve, chez Voltaire, qui, précédé d'une préposition, se rapportant positivement à un nom de chose :
Ses mains ne chargeaient point les rives désolées
De l'appareil pompeux de ces vains mausolées
Par qui, malgré l'injure et des temps et du sort,
La vanité des grands triomphe de la mort. [La Henriade, vi.)
Paris est un goufiFre où se perdent le repos et le recueillement de l'âme , sans qui la vie n'est qu'un tumulte importun. {Leit., à M'"^ de Chambonin, de Paris, 174-2,)
On lit encore dans d'autres bons écrivains du même siècle :
Une autre raison qui m'a déterminé à choisir le régne de François II, c'est qu'on y voit la source des malheurs qui inondèrent les régnes suivants, et le germe des passions par qui ils furent produits. Hé.nal'lt, Franc. II, préf., 17.57.) — On désire un appui, on se laisse charmer par l'espéraiice de l'avoir trouvé; c'est un songe que les circonstances dissipent et sur qui elles font l'effet du réveil. (M°" DU Deffand, Leii., à Walpole.)
Au bord de ces prés verts regarde ces guérets,
De qui les blés touffus, jaunissantes forêts,
Du joyeux moissonneur attendent la faucille. (A. Cuénier, La Liberié.)
— QUI, pour ce que, dans une phrase dubitative, le quid des Latins :
M'aimer malgré mon crime, et vouloir par ta mort
Éviter le hasard de quelque indigne effort !
Je ne sais qui je dois admirer davantage,
Ou de ce grand amour, ou de ce grand courage. [L'Illas. corn., v, 3.)
t>32 . QUITTE.
— gui, elliptique, équivalant à si quclquau, si on :
Qui lui pounoit un peu tirer les vers du nez,
Que nous verrions demain des gens bien étonnés! (La VtHjt. iv, 5.)
Qui pourroit toutefois en détourner Lysandre,
Ce seroit le plus sur. {La Cal. du l'ai., iv, 1.)
Qui auroit rayé tous les passages qu'il a employez à parler de soy et de sa l'aniille, son œuvre seroit raccourci d'un quart. (I'asq., Leii., xviii, 1.) — Voilà la ruine de nostre maison, qui n'y niettroit remède. (Fr. d'Auboise, Les Neapolilaiues, n, 5.) — Les peuples ne subsistent que par la force de cette vertu (l'amitié , et qui l'auroit bannie de la terre, il faudroit raser les villes et renvoyer les hommes dans les déserts : Elle est plus puissante que les loix, et qui l'auroit bien establie dans les royaumes, il ne faudroit plus de tourmensny de supplices pour contenir les méchans en leur devoir. Sénallt, De t'IJiaye des passions, 2' p., l^f traité, 3' dise.) — La valeur, qui fait triompher les conquerans, tient toutes ses richesses de la libéralité 'les autres vertus, et qui luy auroit osté la grandeur qu elle tire de la Magnanim.ic. l'adresse qu'elle prend de la Discrétion, et la modération qu'elle reçoit la Justice, il ne luy resteroit plus qu'une vaine ombre de toutes ses véritables grandeurs. (Id., ibid., 5' traité, 1" dise.) — Mais il faut remarquer que le passage d'Hécatée ne regarde que les terres labourables des juifs, et encore lus meilleures; car qui prendroit toute l'étendue de la terre d'Israël, il y auroit prés de quatorze fois autant : on ne peut lui donner moins, suivant nos cartes, que la valeur de cinq degrés en carré. Flelry, Mœurs des Israéliies.] — Voilà ce qu'il faut aux gens doctes; qui leur égaieroit tout cela par des réflexions, par des traits ou de morale, ou même de plaisanterie, ce seroit un soin dont ils n'auroient pas grande reconnoissance. (Fontenelle, Des Oracles, préface.)
— QUI qu'il soit, quel qu'il soit :
Enfin, glaces au ciel, ayant su m'en défaire.
Je puis seul aviser à ce que je dois faire.
Qui qu'il soii, il a vu Rusidor attaqué,
Et sait assurément que nous l'avons manqué. [Clii., ii, 8.)
Et le combat fini m'amenez le vainqueur.
Qui qu'il soii, même prix est acquis à sa peine,
Je le veux de ma main présenter a Chimene,
Et que, pour récompense, il reçoive sa foi, [Le Cul, iv. 5. édit. 1682.)
Le réformateur de notre poésie a dit avant Corneille :
S'il faut méditer sur l'avenir, je crois que j'y vois aussi avant qu ils sauioient faire, qui qu'ils soient. (.Malh., Leii., a BouiUé-.Malh.)
L'auteur du Cid avait mis quel qu'il soit dans la première édition de 1637, et dans celles de 1663 et de 1661.
QUITTE, adj. être quitte, au lieu de en être quitte :
Octave aura donc vu ses fureurs assouvies.
Pillé jusqu'aux autels, sacrifié nos vies,
Rempli les champs d horreur, comblé Rome de morts,
Et sera quille après pour l'effet d'un remords! (Anna, ii, 2.;