‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 150 sur 344 · QUOI · texte numérisé non relu

QUOI

En effet, on trouve chez tous les bons écrivains des seizième et dix-septième siècles quantité d'emplois comme ceux-ci :

G la grand'aise, en qiioy lu vis! (Cl. Marot, Dial. de deux amour.) Leurs conseils me sont des conimandemens à quoi je ne désobéis jamais. (Racan, Ps., Lett. à l'Acad.)

C'est l'assidu travail à quoij je me soumets. (!d., Ps., xxix.)

Les uns comprennent bien les effets de l'eau, en quoi il y a peu de principes. (Pasc, Pens., éd. Louandre, c ix, a.) — Quelles inquiétudes sur l'avenir, au milieu de tant de risques inévitables dans le commerce du monde, au milieu de tant de révolutions et de revers dont vous êtes témoins, et à quoi tous les jours vous vous trouvez vous-mêmes exposés ! (Bourd., Serm. pour la tuitiv. de J.-C, ii.) — Parmi les foiblesses extrêmes, à quoi je sens que mon esprit est sujet, s'il me reste encore quelque force, c'est pour vous, et non pas contre vous que je prétends la conserver. (Id., Panég. de S. Thomas, i.) — Il lui dit cent choses brutales, à quoi elle répondit, toujours avec une fermeté et une grandeur d'âme digne d'une héroïne comme elle étoit. (Perrault, Conies, L'.\droite princesse.) — Quel charme c'étoit pour moi de connoître l'étonnement qu'avoit Belasire de n'être plus maîtresse d'elle-même, et de se trouver des sentiments sur quoi elle n'avoit point de pouvoir. (M'"^ de La Fayette, Zayde.)

— QUOI QUE, toutes les choses que :

Prête à souffrir un siège, et soutenir pour vous

Quoi que du ciel injuste eut osé le courroux. [Sophon., m, 6.)

— AVOIR DE QUOI, pour signifier pouvoir, être capable de, avec un nom de chose pour sujet :

Et nos préparatifs contre la Thessalie

Oui trop de quoi punir sa flamme et sa folie, [Méd., ii, 2.)

Oui, seigneur ; et sa mort a de quoi vous apprendre

La honte qu'il prévient et qu'il vous faut attendre. (l'omp., iv, 1.)

L'auroit-on jamais cru qu'un Attila pût craindre

Qu'un si léger éclat eûi de quoi l'y contraindre. {-iic, m, 2.)

Quel chagrin a de quoi troubler un tel bonheur 1 (Sur., i, 2.)

Madame, ses périls o;H-ils de quoi vous plaire"? [Ibid.,\, 3.)

Quoi, vous vous figurez que l'heureux nom de gendre,

Si ma perte est jurée^a de quoi m'en défendre. [Ibid.)

— Corneille fait précéder, d'une manière assez singulière de quoi de ce, comme si c'était un substantif :

Où pourrai-je trouver de quoi te faire un don Qui puisse tenir lieu d'une reconnaissance?

Je l'ai, mon Dieu, j'ai ce de quoi

Te faire une agréable offrande. (Imii., iv, 13.)

On trouve d'une manière analogue le de quoi :

Alors vous ne vivrez, n'ayant pas le dequoy De vous entretenir, sinon du pain du roy.

(D'EsTERNOD, L'Espadon satirique, sat. 1.)

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