‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 151 sur 344 · QUOI · texte numérisé non relu

QUOI

— DE QUOI, pour à quoi :

Hélas! de quoi me sert ce dessein salutaire,

Si pour en voir l'effet tout me devient contraire. {llérucl., i, 1.)

De quoy sert une antique race,

De quoy un gouffre qui embrasse

Mille trésors délicieux.

Si ne voulant à aucun plaire,

Presqu'à soy-mesme on veut déplaire,

Haineusement ambicieux? (Tahureau, Poés., à C. Degennes.)

— DE QUOI, pour comment :

De quoi peut satisfaire un cœur si généreux.

Le sang abject et vil de ces deux malheureux? [Pomp., iv, 2.)

Un écrivain du dix-huitième siècle a dit : « De quoi peut satisfaii^e n'est pas français , il fallait comment, ou en quoi. •■

Critique dans l'esprit de celles de Voltaire ; juste au point de vue du dix-huitième siècle, mais fausse en tant qu'elle accuse Corneille d'incorrection. En effet, pour ne citer qu'un exemple, on trouve :

Mais de quoy me peut nuire cela? (Lariv., iv, 10.)

— co.MME QUOI, combien :

Ciel! qui sait comme quoi j'en suis persécuté.

Un peu plus de repos avec moins de beauté! (L'itlus. Com., ii, 5.)

Jugez après cela comme quoi je vous aime. (Ibid-, iv, 3.)

— QUOI, avec un régime indirect, dans le sens de quelque :

Et, quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,

Je ne consulte point pour suivre mon devoir. (Le Cid, m, 3.)

Quoi qu'on ait' pour soi-même, ou ti'amour, ou d'estime.

Ne s'en croire pas trop n'est pas faire un grand crime. (Tiieei Béi\, i, 2.)

Quoi que sur mes destins ils usurpent d'empire,

Je ne vois pas leur maître en état d'y souscrire. [Ibid., iv, 1.)

Quoi qu'il excite de tempête.

Quelques lâches soucis qui puissent l'occuper. Tout ce qu'il fait et dit reviendra sur sa tête. [Imii-, m, 24.)

L'Académie, dans son jugement sur le Cid, a condamné cette forme très-rare :

« Quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir,

« Cette façon de parler n'est pas française ; il falloit dire : quelque pouvoir que mon amour ait sur moi. »

C'est un pur latinisme : quidquid potestatis. Thomas Corneille

a dit comme son illustre frère :

Sévère a des vertus dignes de sa naissance; Mais mon cœur est jaloux de son indépendance;

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