RAFLE. — RAGE
Corneille dit encore, dans le même sens de fils :
Pour me rendre le rang qu'occupoit votre race. [HéracL, iv, 3.)
Et plus liarmonieusement :
Je te veux toujours voir, quoi que ta rage fasse,
Craindre ton ennemi dedans ta propre race. {Ibid., iv, 4.)
Et enfin :
D'un devin suborné les infâmes prestiges,
De l'ombre, disent-ils, ont fait tous les prodiges.
L'or mouvoit ce fanlôme, et pour peindre Dircé,
Vos présents lui dictoienl ce qu'il a prononcé;
Tant ils conçoivent mal qu'un si grand roi consente
A venger son trépas sur sa race innocente. (Œd., v, 1.)
« On ne peut se servir de 7'ace, pour signifier fils, » dit Voltaire. • Cependant on trouve d'une manière analogue :
Car combien qu'elle fust royne et race royale... (Jodelle, Cléopâlre, i.)
C'est-à-dire, fille de roi.
Au moins si j'avois eu quelque race de toy
Avant que de te veoir arracher d'avec moi.
Et si dedans ma cour, du père abandonnée,
Je pouvois veoir joiier quelque petit Enée. vid., Didon, ii.)
C'est-à-dire, si j'avais eu quelque enfant de toi.
Quand mon prince espousa
Jeanne, divine race,
Que le ciel composa
Plus belle qu'une Grâce. (Rons., Od., iv, -2.)
Iphigénie, dans Racine, dit à Achille :
Adieu, prince, vivez, digne race des dieux. {Ipfiig., v, 2.,
Pour digne fils des dieux.
RAFLE, avec le pluriel, faire rafles entières :
Ville prise d'assaut n'est pas mieux au pillage,
La veuve et les cousins, chacun y fait pour soi
Comme fait un traitant pour les deniers du roi;
Où qu'ils jettent la main, ils/o?i/ rafles entières. {Suiie du Meut., i, 1.;
RAGE. DE RAGE, par rage, avec rage :
Je vis par mes soldats mes aigles arrachées,
Pour se ranger sous lui. voler vers ses tranchées,
Et pour en colorer lemportement honteux,
Je les suivis de rage, et m'y rangeai comme eux. (Sert., i, 1.)