‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 162 sur 344 · R.\NGER DES CŒURS SOUS SA LOI · texte numérisé non relu

R.\NGER DES CŒURS SOUS SA LOI

Jason ne fit jamais de communes maîtresses ;

Il est né seulement pour charmer les princesses,

Et haïroit l'amour, s'il avoit sous sa loi

Rangé de moindres cœurs que des filles de roi. {Méd-, i, 1.)

RANIMER. — RAPPORT. 2i7

— RANGER EN, réduire à la condition de :

Surtout souvenez-vous Que ma gloire en ces lieux me demande un époux; Qu'elle ne peut souffrir que ma fuite m'y raïKje En capiive de guerre, au péril d'un écliange... (Sert., i, 3.)

— RANGER A, soumettrc, réduire à :

Accablé des malheurs où le destin me range.

Je les vais déplorer; va, cours, vole et nous venge. {Le Cid, i, 5.)

— RANGER A, disposer, préparer, soumettre à :

Range à ce que tu dois ton âme en patience.

Je veux dire à souffrir de moment en moment,

Et tes maux recevront un prompt soulagement

De la solide paix qu'aura ta conscience. [Imit., ii, 6.)

L'amour... Ah! ce mot seul me range à la douceur.

{La Gai. du Pal., ii, 6.)

On a dit d'une manière analogue , avec le pronom personnel :

Enfin il s'est rangé à ce métier moins plaisant et qui a plus d'utilité. (D'Aobi- GNÉ, Hist. tmiv., au lect.) — (Probus vouloit) dompter la férocité des soldats sous la discipline, afin de les rendre si souples et si obéissans, que lors qu'il auroit déraciné toutes les causes de la guerre, ils se rangeassent au commerce et à l'agriculture. (MÉZERAY, Hist. de France avant Clovis, u, xiv.) — Le tout est de se ranger doucement à l'ordre de sa volonté. (Boss., Leii., à M"' d'Albert de Luynes, 26 oct. 1694.) — On se promet que lorsque la passion qui nous captive sera éteinte, on ne se rengagera plus dans de nouveaux liens, et on se rangera tout de bon au devoir et à la vertu. (Mass., Serm. pour le m" dim. de l'Àvent, ii.)

— SE RANGER AVEC, sc ranger du parti de :

Je me range toujours avec la vérité. [Mél., i, 2.)

RANIMER LA MÉMOIRE DE, renouveler, raviver le souvenir de :

N'importe, en l'attendant, préparons sa victoire.

Dans l'esprit d'un rival ranimons sa mémoire. [Tiie et Bér., i, 3.)

— RANIMER A, suivi d'un substantif:

Mais craignez avec rnoi que ce choix ne ranime

Cette haine mourante à quelque nouveau crime. [Rodog., lU, 4.)

« Ranime ne peut gouverner le datif; c'est un solécisme, » dit Voltaire.

Ranimer n'est pas ordinairement suivi d'un régime indirect ; mais pourquoi ne pourrait-on pas dire ranimer à comme animerai

RAPPORT, souvenir, de confus rapports, des souvenirs confus :

Ne m'as-tu jamais vu ? '

PHORBAS. Seigneur, cela peut être.

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