REMEUBLER. — REMPLIR
ia raison a repris sa lumière et sa force, il faut qu'il se représente le malheur de sa condition. (Senault, De l'usage des passions, l" p., 3* tr., 4« dise.)
Tout courtois il me suit, et d'un parler remis :
Quoi, monsieur, est-ce ainsi qu'on traite ses amis? (Régnier, Sai., x.)
REMEUBLER d'argent, remettre en fonds ;
Cette soumission l'a remeublé d'argent. {L'IUus. corn., i, 3.)
Un écrivain, un peu postérieur à Corneille, imitant sa phrase, dit, dans le même sens, avec remeubler seul :
Cette commission ici me pourra un peu remeubler. (Maucroix, Lett., xlvi, édit. L. Paris.)
REMONTER, fig. on voit remonter mon destin, comme on dirait prosaïquement, on voit remonter ma maison, mes ancêtres :
Et l'on voit depuis lui remonter mon destin
Jusqu'au grand Théodose et jusqu'à Constantin. [Héracl., i,2.)
Expression belle et neuve que Voltaire aurait dû apprécier. REMPLAGE, remplissage :
Et Dieu sait alors si les feux, Les flammes, les soupirs, les vœux, Et tout ce menu badinage, Servoient de rime et de remplace.
{Pièce impr. à ta suite de Clit., édit. 1632.)
Remplage est un terme technique qu'un ouvrage spécial définit ainsi :
« Remplage ou remplissage. Ce qu'il faut de liqueur pour remplir un tonneau où il y a quelque déchet, soit par la fermentation et la coulure, soit par quelque autre accident. y> (Savary des Bruslons, Dicl. du commerce.)
Ce mot était fréquemment usité dans la vieille langue pour signifier supplément, addition.
REMPLIR UNE PLACE, au sens matériel, l'occuper, s'y asseoir :
J'ai vu la place vide, et cru la bien remplir. [D. Sanche, i, 3.)
— REMPLIR LES OREILLES DE, éblouir par le détail pompeux de:
Elle fait amitié, leur promet des merveilles.
Du pouvoir de son art leur remplit les oreilles. [}Iéd., i, I.)
— REMPLIR MAL UN SOUHAIT, répondre mal à un souhait :
Mais si l'événement remplit mal leurs souhaits.
Ils s'émeuvent soudain, soudain ils se chagrinent. {Imit., i, 14.)