‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 181 sur 344 · REMETTRE · texte numérisé non relu

REMETTRE

— REMETTRE LES ESPRITS, rétablir le calme dans les esprits :

Souffrez que la raison remette vos esprits. {Le Cid., ii, 1.)

Il serait inutile d'apporter des exemples de cette signification ; mais il peut l'être moins de dire que remettre se trouve employé avec le sens de calmer :

Il est comme l'envoyé du ciel, qui rassure, qui remet les peuples, qui dissipe tous leurs vains soupçons, toutes leurs fausses terreurs. (Patuu, Éloge de M. de Pomponne.)

— REMETTRE, reuouveler :

Rome en deux factions trop longtemps partagée

N'y sera point pour moi de nouveau replongée;

Et quand Sylla lui rend sa gloire et son bonheur,

Je n'y remettrai point le carnage et l'horreur. {Sert., v, 6.)

— SE REMETTRE, se replacer par le souvenir :

Ressouviens-t'en, ingrat; remets-toi dans la plaine

Que ces taureaux affreux brùloient de leur haleine. [Méd., lu, 3.)

— REMIS. n'Être pas remis, n'être pas revenu de frayeur ;

J'en tremble encor de peur, et n'en suis pas remise. {Suite du Ment., iv, 1.)

Corneille emploie souxeniremis, avec un nom de personne ou de chose, pour signifier apaisé, calmé, calme, tranquille; comme le remissus latin ;

.. L'âme plus tranquille et l'esprit plus remis. (Ctil., m, 1.)

Un mot me suffira pour me tirer de peine ;

Et lors j'étoufferai si bien toute ma haine,

Que vous me trouverez vous-même trop remis. [La Gai. du Pal., v, 5.J

Oubliez Curiace, et recevez Valère,

Vous ne tremblerez plus pour le parti contraire,

Vous serez toute nôtre, et votre esprit remis

N'aura plus rien à perdre au camp des ennemis. [Hor., i, 2.)

Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge

J'en recevrai le coup d'un visage remis. {Rodog., v, 1.)

Un frère a pour des sœurs une ardeur plus remise. [Œd., m, 5.)

Et souffrir d'un esprit remis.

Lors même qu'on me persécute

Pour ce que je n'ai point commis. (Imit,, m, 47. j

On a dit exactement de même au commencement du dixseptième siècle :

Ceux que la fortune a colloques en haut degré d'honneur, qui doivent avoir les mouvemens plus remis et tempérés. (Charron, La Sagesse, uï, 31.) — Mais quand cette tempeste est appaisée, que les passions sont un peu remises, et que

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