RENDRE
Enfin 011 a dit à pou près de inêiiie rendre des témoignayes de valeur, faire voir des preuves de valeur :
Les témoignages de valeur qu'il y rendii vont au-delà de toute imagination. (La Font,, Lett- au prince de Conii, IC84.)
— RENDRE COMBAT, résister :
Je t'en vois cependant faire si peu de compte, *
Que, sans rendre combat, lu veux qu'on te surmonte. Lt Cul, v, 1.)
Corneille varie ainsi cette locution :
Désormais donc en vain je les cherche ici-bas,
En vain pqur les trouver je rends tant de combats. {Mél., v, 2.)
C'en est fait, Angélique, et je ne saurois plus
Rendre contre tes yeux des combats superflus. {La PL lioij., v, 3,)
Lorsque vous n'étiez point ici pour me défendre,
Je n'avois contre Attale aucun combat à rendre. {ISicom., ni, 4.)
La locution rendre combat se présente chez des écrivains de toute date et de tout mérite avec des modifications aussi heureuses que variées. Nous citerons les principales, parce qu'elles sont omises par tous les dictionnaires :
Il y avoit force gens dedans qui ne rendirent point de combat. [Lett. miss, de Henri lY, t. ii, p, 81, à M. de St-Geniez, 30 juin 1585.) — On leur fit emporter le capitaine Sourcil qui, pour avoir rendu plus de combat que les autres, fut enterré par les assiégez hors de la ville, avec les enseignes et beaucoup d'honneur. (D'AuBiGNÉ, Hist. univ., iv, 16, 1" éd.) — Je ne puis vous dire, seigneur, combien de combats nous rendîmes contre nous-mêmes, et combien de choses tendres et douloureuses notre amitié nous fit dire et penser. (51"°' de 'Villedieu, Galant. Grenadines, i.)
Madame, il est aisé par mon désordre extrême
De juger des combats que jercnds en moi-môme. (T. Corn., Comm., n,5.)
Il se jetta à ses genoux pour lui rendre grâces de ce qu'elle avoit souffert pour lui et lui protesta, loin que sa conduite altérât l'amour qu'il avoit pour elle, qu'au contraire les combats quelle uvoii rendus en sa faveur ne feroient qu'augmenter sa passion. (BouRS.^ULT, Le Marq. de Cliavigny.) — Il n'a point eu là-dessus de combat à rendre, parce qu'il n'a point eu de tentation. (J.-J. Rouss., Rouss, juge de Jean-Jacques, \i.]—\\ l'attendit au passage, le surprit, chargea ses troupes, qui se débandèrent sans rendre presque de combat. (Vertot, Hist. de Malte, i.) — Sans rendre de combat, chaque capitaine ne cherchoit qu'à échapper à la fureur de larlilierie des ennemis. (Id., ibid., 1. xii.) — Les Turcs, déjà vaincus par leur propre crainte, ne rendirent plus de combat et ne cherchèrent qu'à se rembarquer. (Id., ibid.,X\\i.] — Ils y rendirent d'abord de grands combats et eurent quelques bons succès contre Cerialis. (Mézer.. Hist. de France avant Clovis, u, C.) — La charge fut si vigoureuse que l'ennemi en fut renversé et mené battant jusqu'à sa seconde ligne, qui, vovant le désordre et la défaite si prompte de la première, bien loin d'en réparer le malheur^ prend l'épouvante, lâche le pied, et s'enfuit sans rendre aucun combat. (Folard, Nouv. découv. sur la guerre, c. vi.)— Hors les combats rendus en pays difficiles, dans toute autre situation, les deux généraux