‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 186 sur 344 · RENDRE · texte numérisé non relu

RENDRE

voient bientôt la fin de leur journée. (Id., ibid.) — Jusque-là, les alliés victorieux n'avaient trouvé aucun obstacle, et les troupes françaises découragées ne rendirent presque plus de combats. (Chateaubr., Ess. sur les révoL, i, 65.) —Il faut présumer que ces quatre vaillans champions, entrans dans le camp, eussent rendu un combat très-furieux. (Brant.^ D'aucuns duels, 2* Disc.) — Un second évanouissement la déroba à l'horreur des réflexions, pendant que l'étonnement ,, la jalousie et la fureur rendaient de beaux combats dans l'âme de Clodion. (Hamil- TON, Zénéyde.) — Communément un des deux escadrons allant à la charge, ou n'arrivç pas sur l'ennemi, ou ne l'attend pas. Celui dans lequel se trouve la moindre quantité de vitesse et d'ordre, et surtout la moindre quantité de courage, flotte, se dérange, tourbillonne par les ailes, fuit, ou ne rend plus qu'un combat très-court et sans vigueur. (Guibert, Tactique, t. i, p. 277.) — Ce sont des athlètes timides, couverts de plaies, et toujours armés, qui s'épuisent à s'observer et à se craindre; s'attaquent de temps en temps, pour s'en imposer mutuellement sur leurs forces, rendent des combats faibles comme eux, les suspendent quand leur sang coule, et conviennent d'une (rêve pour essuj'er leurs blessures. (Id., ibid., Disc, prél., 1" p.)

— RENDRE RÉSISTANCE, comme 011 dit rendi^e combat :

Des plus cruels tyrans j'emprunte le courroux,

Pour tirer cet aveu de la reine ou de vous :

Mais partout je perds temps, partout même constance

Rend à tous mes efforts pareille résistance. {Penh., v, 3,)

On a dit d'une manière analogue :

Les Suisses, demeurant découverts, rendirent peu de deffense et se retirèrent. (MÉZER., Abr. de l'Hisl. de France, ann, 1525.)

— RENDRE, suivi d'uu participe passé ou d'un adjectif, dans le sens de faire devenir :

Sa réponse rendra nos débats terminés. {La Veuve, v, 7.)

Un favorable aveu pour ce digne hyménée

Rendrait ici sa course heureusement bornée. [La Tois. d'or, i, 2.)

Puisqu'un d'Amboise et vous d'un succès admirable

Rendez également nos peuples réjouis. {Sonnet à Mgr le card. de Richel.)

Cet emploi était autrefois des plus fréquents :

Rien ne m'est impossible, et si vous l'ordonnez, Je vous rends dans ce jour ses gardes subornés.

(BoisROBERT, La Folle gageure, iii, 2.)

Aimez, proQtez du temps.

Jeunesse charmante,

Rendez vos désirs contents. (Qum., Isis, il, 7.)

J'ai failli, je l'avoue, et ce cœur outragé

Par ce qu'il souffre, hélas ! vous rend assez vengé. (T. Corn., Dar., ii, 5.) Au moins, ce qui me rend ce malheur adouci,

J'espère à mon retour trouver ma sœur ici. (Id., La Comt. d'Org., m, 1.) Ils auront une barque, où la belle enlevée #

hendra de mon amour la victoire achevée. (Id., Le Festin de Pierre, i, 2.)

KENOUEMENT. — RENOUVELER. 273

Il pleut, le soleil luit, et l'écharpe d'Iris Rend ceux qui sortent arer/js

Qu'en ces mois le manteau leur est fort nécessaire. (La Font., Fabl., vi,.3.

Tandis que le héros admire Cylhérée,

Elle )f»j(i par ces mots son ame caMitrée. (Id., Adonis.)

Ce généreux dessein, en vous tirant des fers,

De l'empire vous rend tous les chemins ouverts.

'M"* Deshouhiîres, Oenseric, lit, 3.)

Pour rendre leur vengeance et leur haine assouvie,

Peut-être songe-t-il à vous ôter la vie. (Id., ibid., iv, 6.)

Ce n'est pas que je croie qu'une si bizarre aventure ait jamais pu nuire à sa réputation; aussi n'est-ce,. à bien dire, qu'un soin que je prends de rendre la vérité connue, sans prétendre que M™" de Longueville en ait besoin. (M"^ de Mo\tfENsiER, Mém., ann. 1643.) — La conquête d'Alexandre rendit les Juifs bien plus connus aux Grecs dont ils devinrent sujets. (Fleury, Mœurs des Israélites, xxx.)

— SE RENDRE A LA VERTU, SE RENDRE A TOUTE SA VRKTU, la

reprendre :

Et cette âme innocente.

Qui brave impunément la fortune impuissante. Regarde avec dédain ce qu'elle a combattu, Et .se rend tout entière à toute sa vertu. IfiEd,, v, 6.)

Orméne, je l'ai tu, Tant que j'ai pu me rendre à toulema venu. {Sur., i, 1.)

— Corneille dit dans le même sens, se rendre la vertu :

Rends-toi cette vertu pleine, haute, sincère.

Qui t'affermit si bien au trône de mon frère. [Pert/i., v, 2.)

RENOUEMENT d'alliance, action de renouer une alliance :

L'espoir d'un renouemenl de la vieille alliance

Flatte en vain votre amour, et vos nouveaux desseins. [Agés., iv, 5.)

RENOUER son attention, la rattacher à ce qui l'occupait précédemment :

Nos violons n'ont aucune de ces deux incommodités. L'esprit de l'auditeur se relâche durant qu'ils jouent, et réfléchit même sur ce qu'il a vu, pour le louer ou le blâmer, suivant qu'il lui a plu ou déplu, et le peu qu'on les laisse jouer lui en laisse les idées si récentes, que quand les acteurs reviennent, il n'a pas besoin de se faire d'effort pour rappeler eirenouer son attention. [Trois. Disc)

RENOUVELER un sujet tragique, le traiter de nouveau :

Feu monsieur Tristan a renouvelé Mariane et Panthée sur les pas du défunt sieur Hardy. [Exam. de Sopkon.)

— RENOUVELER, neutre , comme se renouveler, prendre une nouvelle force :

J'en rougis dans mon âme; et ma confusion,

Qui renouvelle et croît à chaque occasion.

Sans cesse offre à mes yeux cette vue importune. {Nicom., ii, 1.)

Il IS ,

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