‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 190 sur 344 · REPENTIR. — REPONDRE · texte numérisé non relu

REPENTIR. — REPONDRE

d'hui. On ne peut pas dire une princesse repentie. Mais pourquoi n'emploierions-nous pas une expression nécessaire, dont ré(iuivalent est reçu dans toutes les langues de l'Europe? »

Cette expression se trouve employée avant Corneille :

Comme il assembloil son armée, ce peuple repeniy envoya des ambassadeurs au devant. (Fauchet, Aniiq. gaid., m, 11.,

Toy qui promets à tous que ta bonté propice

Se rendra pitoyable aux pécheurs repentis. (Kacan, Ps., lxxxix.j

Elle est encore usitée dans quelques locutions, comme les filles repenties; mais l'usage en pourrait être beaucoup plus étendu.

REPENTIR, subst. m., avec le pluriel :

Et, puisqu'à vos rigueurs la trahison m'expose,

N'attendez point de moi d'infâmes repentirs.

D'inutiles regrets, ni de honteux soupirs. [Cin., v, 1.)

Selon le commentateur « le repentAr ne peut admettre ici de pluriel. »

En prose, assurément, on aurait dit : «N'attendez point de moi un repentir infâme; » mais la remarque de Voltaire n'en prouve pas moins une fois de plus quelle imparfaite idée il avait des libertés du poëte, et combien peu il sentait quelle énergie le pluriel donne aux substantifs dans la poésie française comme dans la poésie latine. Et ce pluriel n'ajoutât-il point à l'intensité de l'idée, fût-il employé pour la rime, il ne devrait assurément pas être critiqué dans des vers aussi beaux que ceux sur lesquels l'auteur du Commentaire exerce sa censure vétilleuse.

Page 1