‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 193 sur 344 · RESOUDRE · texte numérisé non relu

RESOUDRE

De même au passif :

Je suis résolue de ne point vous le dire. (M"" de La Fayette, La Princesse de Clèves, II.)

— RÉSOUDRE (se) DE, poui" sc résoudre à, dans le sens de prendre une résolution qui coûte un effort, qui suppose un sacrifice :

La reine, au désespoir de ne rien obtenir,

Se résout de se perdre. (Rodog-, i, (5.)

Voltaire fait cette remarque :

« Se résout de perdre » est un solécisme. Je me résous à, je résous de. Il s'est résolu à mourir. Il est résolu de mourir. »

Se résoudre de, non plus que résoudre de, n'était pas un solécisme du temps de Corneille, en prose ni en vers, et l'on trouve après lui cette forme chez des écrivains très-corrects :

Ne trouvant que le roi d'Espagne en chemin digne de sa colère, il se résolut de s'accroître en le diminuant. (D'Aubigné, Hist. univ., Append.) — Il lui eût été difficile de refuser un divertissement qui lui étoit si nécessaire dans la solitude où elle vivoit. De sorte que^ pour le faire durer, elle se résolut de lui répondre. (M"'= DE ScuDÉRY, Le grand Cijrus, t. vi, p. 157.) — Cette proposition faite en l'ait ayant servi quelque temps d'entretien, on se résolut d'en faire l'essai. (Arnauld, Lu Logique, Avis.) — Résoudez-vous de partir. (M"" D'Aulnoy, IJist. d'HypoL, i.) — Et je me résolus de me mettre en état... (Montesq., Sylla et Encruic]

Voltaire lui-même a dit :

C'est un breuvage affreux, plein d'amertume, Que, dans l'excès du mal qui me consume, Je me résous de prendre malgré moi.

— SE RÉSOUDRE E.N, fig., se transformer en :

D'un déplaisir si grand la noble violence

Se résout tout entière en ardeur de vengeance. [Pertli., iv, 5.)

de:

RÉSOUDRE DE (uu subst.), prendre une résolution au sujet

Résolvez avec moi des moyens de sa perte :

L.a ferons-nous secrète, ou bien à force ouverte? [Uéracl., m, 4.)

On a dit dans le même sen;., se résoudre de :

Je désire que vous me veniés trouver, incontinent la présente reçue, pour me resouldre avec vous de plusieurs choses que je ne vous puis escrire. {Leit. miss, de Henri IV, t. iv, p. i9, à M. Duplessis, i4 sept. 1593.)

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