RESPECT. — RESPIRER
RESPECT. GAUDKH l'LLS DE lŒSPECT A QUELQUE CHOSE, pOUr
dire le respecter davantage :
Gardons plus de respect aux droits de la nature,
Et n'imputons qu'au sort notre triste aventure. (Rodog., ii, 4.,
— RESPECT, considération, motif, pour ton respect, par considération pour toi :
Mon feu qui toffensoit est demeuré couvert, Et si cette beauté maigre moi l'a fait naître, J'ai su, pour ion respect, l'empêcher de paroître. [La Veuve, m, 1.)
Signification autrefois et pendant longtemps d'un usage trèsfréquent et très-varié, et dont il ne reste plus guère de trace que dans la locution respect humain :
Je ne le feray jamais, tant pour beaucoup de bons respects que pour la re\erence que je doy à vostre \ieil aage. (Larivey, le Laquais, v, 4.; — C'est le lieu le plus selon voire humeur que j'aie jam.'is vu. Pour ce seul respect, suis-je après à l'échanger. {Ltu. miss, de Henri IV, t. ii, p. 224.;— M'y sentant obligé par toutes sortes de respects et de considérations. (Richelieu, Lett. à la reine d'Anylet.) — Ces sortes de gens sont très-fàcheux parce que, dans les grands partis, ils font une multitude d'hommes auxquels pour mille respects, l'on ne se peut ouvrir de ce que l'on peut ou de ce que l'on ne peut. (Retz, Mém., 1. iv, année 1652.) Et l'intérêt d'un frère est un respect trop fort Pour n'oser voir en vous que l'auteur de sa mort.
(T. Corn., Les Illustres ennemis, iv, 2.)
La peur de se déshonorer, de passer pour intéressé, pour léger, de se rendre odieux à sa famille en changeant de religion : tous ces respects si vains et si communs, dont on se faisoit des prétextes pour s'obstiner dans l'erreur, s'évanouirent à la conversion de Turenne. (La Rue, Eloge de Boss., m.) — Si je dois rougir, ce n'est point des railleries du monde, ce n'est point des jugemens et des rebuts du monde; mais c'est de ma lâcheté, c'est de mon infidélité, c'est de mon ingratitude, quand un aussi vain respect que celui du monde me fait oublier tous les droits et tous les intérêts du Dieu que j'adore. (Boubd., Serm. sur la ftagelL de J.-C, i.)