MAL
tresse, même en prose, s'appliquait encore sans inconvenance à une demoiselle honnête qu'on recherchait en mariage :
Je me garderai bien de lui dire que vous croyez faire votre cour à votre maîtresse en la quittant, et lui faire voir par là que vous êtes capable d'aimer. iD'Aguesseau, Leii. inéd,, à .M. L. Racine, 9 mars 1723.)
— FAIRE MAITRESSE, prendre une maîtresse :
... Et déjà vous avez fait maîtresse?
DORANTE. Si je n'en avois fait, j'aurois bien peu d'adresse,
Moi qui depuis un mois suis ici de retour. (Le Ment., i, 5.)
Si l'on me dédaigne, je laisse La cruelle avec son dédain, Sans que j'attende au lendemain Défaire nouvelle maîtresse. (D'Urfé, Asirée, i, 1.)
— MAITRESSE, adj., avcc un nom de chose, capitale, fondamentale :
Cet heureux poëme n'a si extraordinairement réussi que parce qu'on y voit les deux maîtresses conditions (permettez-moi cette épithèle) que demande ce grand maître aux excellentes tragédies. (Le Cid, avertissem.)
On trouve dans le même sens :
Telles gens veulent estre jugez en gros , par la maîtresse fin de nos actions. (Montaigne, Ess., ii, 36.) — La maîtresse pensée d'un rondeau de Chapelle sur les Métamorphoses de Benserade) paroît empruntée du Roman bourgeois de Furetiére. [Ménagiana , u, 375.) — Ces deux maîtresses parties (le cœur et le cerveau) influent dans tout le corps. (Boss. , Connaiss. de Dieu, c. n.) — Soit que l'âme ait le cerveau entier immédiatement sous sa puissance, soit qu'elle y ait quelque maîtresse "pièce par où elle continue les autres parties, comme un pilote conduit tout le vaisseau par le gouvernail, il est certain que le cerveau est son siège principal, et que c'est de là qu'elle préside à tous les mouvements du corps. (Id., ibid., c. m.) — La capacité principale et la qualité maîtresse du président était pour les négociations. (Ste-Bedve, Causer., 15 mai 1854.)
MAL, adv. espoir mal conçu :
Quel espoir mal conçu te rapproche de moi ?
Aurois-je de l'amour pour qui n'a point de foi? (La PL Roy,, v, 7.)
— Corneille se sert très-souvent de mal devant un adjectif :
Cette réflexion, mal propre pour un père, . Consoleroit peut-être une douleur légère. (L'illus. corn., v, 5.)
Mais nous devons aux dieux demain un sacrifice, Et nous aurions le ciel à nos vœux mal propice. Si nos prêtres, avant que de sacrifier,
Ke trouvoient les moyens de le purifier. (Hor., v, 3.)
Et nous parlons peut-être avec trop d'imprudence Dans un lieu si mal propre à notre confidence. (Cin., ii, 2.)
D'un bonheur si ma/ sûr je ne suis point jaloux. [Tite et lier., i, 3.)
Et la vertu timide est mal propre à régner. [Pertli., iv, 3.)