ROUGEUR. — ROULER
Et les races futures Comptant notre hyménée entre vos aventures, Vanteront à jamais mon amour généreux Qui d'un si grand héros rompt le sort malheureux. {Méd., ii, 5.)
Ces emplois sont très-poéliques, comme celui-ci de Racine :
0 Christ, ô soleil de justice, De nos cœurs endurcis romps l'assoupissement. [Hymnt.
— ROMPRE (se), fig. UN ORDRE QUI JAMAIS NE SE ROMI'Ï, lUl
ordre invariable :
C'est un ordre des dieux, qui jamais ne se rompt.
De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font. (C(h.,ii,1.
ROUGEUR, fig., avec un régime :
Je l'aimn, et lui dois trop, pour j'ter L'éternelle rougeur d'un si mortel affr
ROUGIR, act., faire rougir, me rougit de colère, me lait rougir de colère :
Mais votre aspect m'emporte à d'autres sentiments,
Dont je ne puis cacher les justes mouvements;
Ce teint pâle à tous deux me rougit de colère.
Et vouloir ra'adoucir, c'est vouloir me déplaire. {Clit.. m, 1.)
D'autres éditions portent m'enflamme au lieu de me rougit.
— ROUGIR, neutr., au sens propre :
Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné,
De combien ont rougi les champs de Macédoine,
Combien en a versé la défaite d'Antoine. {Cin.. iv, 3.)
On a dit de même avant Corneille :
Et ce pendant, ton œil affamé se paissoit
De voir obstinément le lieu qui rougissait
Tout à l'entoui, de ceux desquels ta main meurdriere
Avoit tiré du sang une large rivière. (Tahcreau, Poés., à P. de Pascal.)
L'air rougit d'éclairs ardens, la raieur au ciel s'en allume. (J. de Baif, Poem., 1. II, L'Hippocrene, OEuv., t. i, p. 39^ r°.)
ROULER, fig., entraîner :
N'examinons donc plus la justice des causes,
Et cédons au torrent qui roule toutes choses. (Pomp., i. 1.)
— Fig., ROULER DES PROJETS I
Des rivaux de Léon il est le plus jaloux,
Et roule des projets qu'il ne dit pas à tous. {Pulch., ii, 3.)
Le latin employait de même volvere pour dire, rouler dans son esprit : Volvere multa secuni. (Sall., Jug.)