‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 205 sur 344 · ROYAUME. — SAIGNANT · texte numérisé non relu

ROYAUME. — SAIGNANT

ROYAUME. LE ROYAUME DU CODE, poui" (lire les écoles de droit :

Ne vois-tu rien en moi qui sente l'écolier?

Comme il est malaisé qu'au royaume du code

On apprenne à se faire un visage à la mode,

J'ai lieu d'appréhender... [Le Hfent., i, 1.)

RUDESSE. Yoiu quelqu'un d'un oeil de rudesse, à peu près comme on dit voir d'un mauvais œil :

Quel plaisir aura-t-il auprès de sa maîtresse,

Si mon fils ne l'y voit que d'un œil de rudesse,

Si sa mauvaise humeur ne daigne lui parler.

Ou ne lui parle enfin que pour le quereller? [La Veuve, m, 5.)

Cette locution paraît singulière, et nous n'en avons pas trouvé d'exemple.

— rudesse, employé avec le pluriel dans le style noble :

Reprends, reprends, Jason, tes premières rudesses,

Leur coup m'est bien plus doux que tes fausses tendresses.

[Lu Tois. d'or, m, 3.)

RUINE. PRENDRE UN CHEMIN POUR SA RUINE, poup sc perdre, pour sa perte :

Quel chemin Exupére a pris pour sa ruine ! (UéracL, v, 7.)

Expression qui ne nous paraît pas barbare, comme l'a jugée Voltaire.

RUISSEAU. Bel emploi au figuré :

Et combien de ruisseaux coulèrent de mes yeux! {Hor., i, 1.)

Sa vie^à longs ruisseaux se répand sur le sable.

Chaque instant l'affoiblit, et chaque effort l'accable. (-4»., v, 6.)

SACRIFICE. FAIRE SACRIFICE, comme sacrifier' :

Elje n'ai pas moins qu'elle à rougir d'un supplice

Qui profane l'autel où j'ai fait sacrifice. {Théod., m, 5.)

SAIGNANT, comme sanglant :

Ma main, saiijnanie encor du meurtre de Pélie,

Soulevoit contre moi toute la Tliessalie. [Mèd., u, 2.)

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