SILENCE. — SOIN
SILENCE. FAIRE DL .siLENCK A ouelql'un, sg talrc pour l'écouter parler :
Fattes-ttii du silence, et l'écoulez parler. (L'illus. corn., ii, 1,)
— SILENCE, avec le pluriel :
J'aime assez qu'on s'explique.
Les silences de cour ont de la politique. • Pulch., v, 4.)
Voir l'art. HONTES.
SOI. DK SOI, par soi-même, en soi-même :
La vision, de soi, peut faire quelque horreur. [Pol., i, 3.)
« La vision, dit le commentateur, est bannie du genre noble, et de soi l'est de tous les genres. »
Nous ne comprenons pas l'observation de Voltaire. La locution qu'il bannit de tous les genres est reçue dans tous. « De soi, dit la dernière édition du Dictionnaire de l'Académie, signitie quelquefois, de sa nature. »
Corneille a dit encore, entre autres exemples :
II suffit que nous n'inventions pas ce qui de soi n'est pas vraisemblable, 'Disc, de la Tragédie, etc., en tête de ses Œuvres, édit. 1663, in-4°.)
SOIF, fig. :
Mais, avec cette soif que j'ai de ta ruine,
Je me jette au-devant du coup qui l'assassine. {['omp., i\ . 4.)
SOIN, souci :
Ne voit plus loger avec lui
Le soin, le chagrin, ni l'ennui. {Mékniges poétique^
Je dors ici dix heures toutes les nuits, et sans que jamais aucun soin nie
réveille. (Descartes, Le»., à Balzac, 29 mars 1631., — La vigilance de cette iirin-
cesse ne calme pas les soins qui le travaillent. Boss., Orais. fun. de Condé.)
Nous ne faisons ces courtes citations que pour mémoire.
— AVOIR DES SOINS, pour prendre des soins :
Quelques soins qu'ail César, sa prudence est déçue. [Pomp., iv, 1.}
Prendre des soins, pour signifier avoir soin de quelque chose, agir avec soin, est seul usité aujourd'hui. La locution avoir des soins n'en est pas moins excellente chez le grand tragique.
Il dit encore d'une manière plus particulière :
Je veux que de ma haine' ils reçoivent des régies,
Qu'ils suivent au combat des urnes au lieu d'aigles ;
Et que ce triste objet porie en leur souvenir
Les soins de le venger, et ceux de te punir. (Pomp., v, 4.)