SOIT. — SON
Du reste, Corneille affectionnait l'emploi de soin avec le pluriel, et sous des formes variées et remarquables :
Mais, après le danger où vous vous êles vue, Malgré tous vos mépris, les soins de votre honneur Vous doivent désormais résoudre à mon bonheur.
[La PL Roy., v, 1, édit. 1654.) Les soius de son honneur que vous devez avoir Pour d'autres inlérêls vous doivent émouvoir.
{Ibid., V, 4, l"' édit. , jusqu'à 1654 inclusiv.) Les soins de vous chercher. [Suite du Ment., i, 1.)
Mais, seigneur, qui vous peut engager Aux soins de le punir, et de vous en venger? 'Sur., ii, 3.)
SOIT, dans le sens de que ce soit, suivi d'un substantif que précède un :
Sait une vérité, soit un conte, n'importe. [Androm., iv, 4.)
SOLENNEL, en parlant d'une chose défavorable, pour signitîer ouvert, atfiché, public, un mépris sole.nnel :
Et par un attentat et lâche et criminel. Te fais de ses faveurs un mépris solennel.
[Poés. div.. Plainte de la France à Rome.,
On a dit dans un sens analogue :
S'il avoil vu qu'elle eût eu quelque aversion pour lui, il se seroit évité la honte d'un rejus si solennel. (Furet., Le Roman bourgeois, i.)
SON, subst. LE SON d'un ECU, pour dire le bruit de l'argent :
Et tenez celles-là trop indignes de vous,
Que le son d'un écu rend traitables à tous. [Le Ment., i, 1.)
# — NE FAIRE AUCUN so><, ne rendre aucun son, ne pas se prononcer, en parlant d'une lettre :
Nous prononçons Vs de quatre diverses manières : tantost nons l'aspirons , comme en ces vaoU, peste, chaste; tantost elle allonge la syllabe, comme en ceuxcj', paste, teste; tantost elle ne fait aucun sou, comme à esblouir, esbranler, itestoii; et tantost elle se prononce comme un ; .- comme à présider, présumer. (Préf. de : Le Théâtre de P. Corn., édit. de 1682.)
SON , pronom possessif, se rapportant à un nom de chose,
pour en :
J'ai honte de ma vie, et je hais sr>n usage.
Depuis que je la dois aux efifets de ta rage. [Méd., m, '.i.,
Bien que la grammaire proscrive absolument cet emploi, il nous semble qu'il peut être toléré en poésie, comme dans ce vers d'un grand poëte contemporain :
Qu'est-ce donc que l'amour, si son rêve est si doux ?
(L.\M.\RT., Jocelyn i>«^ époq.