SUBORNER. — SUBSTRACTION
Corneille écrit aussi quehjuefois soithmission et soumission. Snubmission est la forme employée par d'Urfé :
Ma soitbmission ne le doit pas moins esmouvoir au pardon que mon ollcnse inconnue au chasliment. [L'Asirée, ii, 8.;
SUBORNER, séduire. Emploi particulier et très-beau, suborner LA GLOIRE d'un GUERRIER :
Et quant à ces guerriers, que nos dieux tutélaires
Au salut de l'Étal rendent si nécessaires,
Si pour les obliger à vivre mes sujets,
Il n'est point dans ma cour d'assez dignes objets,
Si ce nom sur le front jette tant d'infamie ;
Que leur gloire en devienne implacable ennemie.
Subornons celle (jloire, et voyons dès demain,
Ce que pourra sur eux le nom de souverain. [La Ton. d'or, \, 2.^
— SUBORNER l'inclination DE QUELQU'UN 1
Philandre m'a tout dit : vous pensez qu'il vous aime,
Mais, sortant d'avec vous, il me conte lui-même
Jusqu'aux moindres discours dont votre passion
Tâche de subonur son inclinulion. [Mél., iv, 2.)
— SUBORNER QUELQUES PLEURS, exprcssiou singulière pour signifier s'efforcer de répandre quelques larmes feintes :
Quant à nous, cependant subornons quelques pleurs
Qui servent de témoins à nos fausses douleurs. [La Veuve, m, 10.)
SUBORNEUR, adj., qui séduit :
Et je pouiTai souffrir a^n'un amour suborneur
Sous un lâche silence étouffe mon honneur. [Le Cid, m, 2.)
On a dit, à l'imitation du grand tragique :
Malheureux, disoit-il, celui dont le caprice
D'un amour suborneur A dame d'un haut rang force à rendre service! (Sénecé, C'oh/., Ixion.)
Corneille dit encore, d'une manière plus particulière, un regret SUBORNEUR :
Faisons si bien régner l'amitié sur notre âme,
Qu'étouffant dans leur perte un reyret suborneur.
Dans le bonheur d'un frère on trouve le bonheur. [liodog., i, 8.)
SUBSTRACTION, l'action de soustraire, de retirer, de priver de:
Le douloureux effet de la subsiraciion. (Imii., ii, 10.)
Quand tu sens la grâce puissante, Sois humble et patient dans la subsiraciion. [Ibid.]