‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 229 sur 344 · SURETE. — SURMONTER · texte numérisé non relu

SURETE. — SURMONTER

SURETE. FAIRE SA SÛRETÉ, se mettre en sûreté, se garantir :

M'étant fait cet efifort, yaifait ma sûreié. {Pol., v, 4.)

— SÛRETÉ, avec le pluriel, dans le même sens que le singulier. FAIRE LES SÛRETÉS DE QUELQU'UN, comiiie faire sa sûreté :

OTHON. Consultez votre gloire, elle saura vous dire...

PLADTiNE. Qu'il est de mon devoir de vous rendre l'empire.

OTHON. Qu'un front marqué encor des fers qu'il a porlés...

PLAUTiNE. A droit de me charmer s'il /au vos sûretés. {Oth., iv, l.i

— DONNER DES SURETES , au seus moral , donner des assurances :

Mais pour peu qu'il m'aimât^ du moins il m'auroit dit

Que je garde en son âme encor même crédit.

Il m'en auroil donné des sûretés nouvelles,

Il m'en auroit laissé quelques marques fidèles. Tiie et Bér., ji, 7.)

— EN PLUS DE SÛRETÉ, avcc plus de sûreté :

Dedans mon catinet ils pourroient nous surprendre;

Ici nous parlerons en plus de sûreté. [L'Iltus., iii, 8.)

— .AVOIR SÛRETÉ DE (uu infin.), être assuré de :

Mais sous le ciel tout change, et les plus valeureux

n'ont jamais sûreté d'être toujours heureu.x. {Sur., m, 2.)

SURINTENDANT des belles-lettres :

La mauvaise fortune de Perthariie m'avoit assez dégoûté du théâtre pour ra'obliger à faire retraite, et à mimposer un silence que je garderois encore, si M. le procureur générai Fouquet me l'eût permis. Comme il n'étoit pas moins surintendant des belles-lettres que des finances... [Examen d'Œdipe.)

SURMONTER, en parlant d'un sentiment qui prend sur l'âme un empire dominant :

Voilà bien des détours pour dire au bout du compte

Que c'est contre ton gré que l'amour te surmonte. (Me/., ii, 4.)

— SURMONTER EN, commc surpassev en:

Et ce cceur généreux me condamne à la honte

De voir que ma princesse en amour me surmonte. (Œd-, i, 4.)

Surmonter s'employait au dix-septième siècle plus fréquemment qu'aujourd'hui dans le sens de surpasser; ou disait, et on pourrait certainement dire encore :

Si elle (la France) ne sauroit soufftir i'eslre surmontée en valeur et en adresse par une nation étrangère, souffrira-t-elle de l'estre en vertu et en générosité? (Le Maistre, Plaidoyers, xxxvi.) — Or, de nommer parfaitement cette supresme excellence, laquelle en sa très-singulière unité comprend, ains surmonte toutes excellences, cela n'est pas au pouvoir de la créature ny humaine ny angélique.

SURPRENDRE. — TABLATURE. 3à5

(S. Fn. DE Sales, De l'amour de Dieu, ii, 1.) — H ne te reste presque plus rien, je ne diray pas pour égaler, mais pour surmonter la gloire du grand Alexandre mesnie. (Gomuerv., Cythérée , l""* p., 1. i.) — 11 appliqua son esprit impie et détestable à surmoiiier, par des cruaulez et des trahisons nouvelles , toutes ses abominations passées. (Id., ibid., 2^ p.. 1. n)— Ce jeune prince, qui, en la beauté du corps, n'étoii surmonté de personne. (Malherbes, Leti., à la princ. de Gonti, 29 mars 1614.)

Lirez-vous, sans rougir de honte,

Que notre impiété surmonte

Les faits les plus audacieux ?{Malh., Odes,\.n, Sur l'attenta l,e\.c,)

SURPRENDRE, dérober par surprise :

Porte-lui mon portrait, et comme sans dessein Fais qu'il puisse aisément le surprendre en ton sein,

[Suite du Ment., ii, 3.) On amorce le monde avec de tels portraits. Pour les faire surprendre on les apporte exprés, On s'en fâche, on fait bruit, on vous les redemande. Mais on tremble toujours de crainte qu'on les rende. (Ibid., ii, 7.)

— De même, au sens moral :

Officieux ami d'un amant déplorable.

Que tu m'offres en vain cet objet adorable !

Qu'en vain de m'en saisir ton adresse entreprend !

Ce que tu m'as donné, Doraste le surprend. (La PI. Roy., ni, 4.)

SUSPECT DE. Emploi remarquable :

J'ai vu que vers la reine on perdoit le respect.

Que d'un indigne amour son cœur étoit suspect. [D. Sanclie, u, A.)

TABLATURE, instruction, avis :

Ne m'importunez point de votre tablature;

Sans vos instructions, je sais bien mon métier. {La Suiv.. ii, 1.)

Qui vous a donné ces belles tablatures? (T. Corn., Cés.d'.ival., ni. b.)

Mascurat, mon ami, tu parles si pertinemment du métier qu'il me faut dorénavant exercer, que je ne pense pas de trouver jamais personne qui m'en puisse donner meilleure tablature que toi. (Naudé, Le Mascurat, p. xi.) — Quoique je ne doute pas que Préfoniaine ne vous ait donné une bonne tablature pour vous gouverner selon mon humeur, je vous dirai encore ce que je veux que vous fassiez. (M"* DE MoNTP., Mém., 1657.) — La race d'Hona vous connoît déjà comme il faut qu'elle vous connoisse. Avec un peu de tablature que je vous donnerai, vous confirmerez ce que j'ai déjà dit. (M'^ de Courcelles, Leti., xxii.)

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