II
[Pomp.,
IV
{Agés.
i.ittila
[Pulch.
{fmii. ,
(Ibid.,
demie dit simplement : tenir à honneur, tenir à injure. Le seizième et le dix-septième siècles variaient avec toute aisance et liberté cette forme heureuse :
Tetmtil à peu le hasard de l'Estat et la certaine ruine du roy et de ses sujets. L'HospiTAL, Le liui de la (juerre el de la paix.) — Je lieudruy le plaisir que vous me ferés en cesle endroict à une obligation particulière. {Leit. miss, de Henri IV, t. V, p. ]74.)
Estimant que ton cœur, par douceur diverti,
Tiendrou ses lâchetés à quelque conscience. (Régnier, £lég., ii.)
Ils tiennent à grandeur d'esire bornez par des déserts et des terres inhabitées. (D'Ablanc, Comm. de Ces., Guerre des Gaules, vi, 2.)— Lucrèce alors tint à bonheur de n'avoir pas commencé le récit de son aventure. (Furetière, Bornan bourgeois, \.) — Je tiens à tant de bonheur l'honneur de vos bonnes grâces dont il vous plaît m'assurer, que je n'ai point de paroles qui puissent assez dignement vous exprimer la joie et le ressentiment que j'en ai. (Richelieu, Leit., à la reine d'Angl.} -Il n'y a personne, sans doute, qui ne tînt à beaucoup de gloire de toucher à un tel ouvrage. (Molière, Le Sicil., xu.)
Tenir à, dans le sens de regarder comme, s'est employé aussi avec un nom de personne :
Il n'y avoit en toute l'armée petit ne grand qui ne se louât et qui ne ihit le roi d'Espaigne o vaillant el très-puissant roi. (Le Roman de Jehan de Paris.)
— ÊTRE TENU A QUELQU'UN, lui être obligé, lui avoir de l'obligation, lui être redevable :
Que je vous suis tenu de ce qu'il n'^n sait rien ! (L'Illus. com., i, .3.)
On trouve très-fréquemment tenu dans ce sens , avec ou sans régime indirect :
Je seroije bien tenu à vous
Et le verroye voulentiers. [Farce des Gens nouv.)
Il se réputoit tant tenu à luy de ce que tel soin avoit de son bien et advancement... [Le Livre des faits du mareschal de Doucicaut, m, 18.) Car à eulx tenu je me sens.
(Villon, Grant Testament, Rallade da bonne Doctrine, cxLVii.) Que le Mignon, comme tenu
A elle souvent en parloit. (Coquillart, Enqueste.)
Le jour de la conversion de saint Paul !;25 janvier 1515), mon fils fut oinct et sacré en l'église de Reims. Pour ce suis-'ie bien tenue et obligée à la divine miséricorde. [Journal de il/"* Louise.) — Monsieur, je suis plus tenu à vous qu'à tous les hommes du monde. (Marg. d'Ang., Hepi., xiv= nouv.) — Il leur semble à tous que Dieu est bien tenu à eux de ce qu'ils ont fait le voyage de Genève. (Calv., histit. chréi., 1. i, c. xiv.^ — Il m'embrassa me disant ces mots : 0 monsieur de Montluc. que tous tant que nous sommtfs de cette maison vous seront tenus! (Montluc, Comm., 1. ii.) — En ce faisant, nous serons perpétuellement tenus à vous. (Larivey, Facétieuses nuicls de Straparole, v^ nuict, fable n.) Je suis beaucoup tenue à la douce nature.
Qui m'a voulu donner de si riches présens. (Id., iiid., fable iv.)
Pour les infinies obligations dont je luy suis tenu. (Id., Le Morfondu, i, 2.)
J'en sni.i bien leiiu à Dieu, qui m'a mis hors de tant de peines. (Id., Le Laquais, V, 2.) — Elle ne peut nier qu'elle vous soit tenue des honnestes offres que vous luy faites. (Fr. d'Amboise, Les Neapol., i, 2.) — Ce dequoy vous et moy luy sommes plus tcnuz , c'est qu'il nous traitte trop doucement. [Salira Ménippée , Harangue de M. d'Aubray.)
Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant,
Qui m'épargne un grand trouble et me rend mon argent.
(Mol., L'Étourdi, i, 7.) Que lui demandoit son amant?
Un bien dont elle éioit à sa valeur tenue.
(La Font., Contes, La Fiancée du roi de Garbe.)
— TENIR LA VIE DE QUELQu'u.N, lut en être redevable':
Zéthez, et Calais, et Pollux, et Castor,
Et le charmant Orphée, et le sage Nestor,
Tous vos héros enfin tiennent de moi la vie. [Méd., n, 2,)
— TEMR, employé d'une manière remarquable, dans le sens d'avoir appris, en parlant d'une nouvelle ;
Mais de qui tenez-vous la mort de D. Garcie,
Vu que depuis un mois qu'il vient des députés, *
On parloit seulement de peuples révoltés. [D. Sanclie, v, 3.)
— TEMH, pour signifier tenir captif:
Et pensant au bel œil qui tient ma liberté,
Je ne suis plus qu'amour, que grâce, que beauté. [L'Illus. com. ,ii, 2.)
— TEMR LA FOI DE QUELQU'U.N, COmmC ÙVOl?' Sa foi :
C'est le dieu des chrétiens, c'est le maître des rois,
C'est lui qui lient ma foi, c'est lui dont j'ai fait choix. Théod., m, 3.)
— TEMR PROMESSE, tenir sa promesse :
C'est donc ainsi, monsieur, que vous tenez promesse?
(Suite du Ment-, m, 3.)
— TENIR PEU DE COMPTE, comme faire peu de compte :
Que de cette faveur vous tenez peu de compte ! [L'Illus. com., iv, 8.)
— TEMR POUR, neutre, demeurer du parti de, rester fidèle à :
Je ne veux pour tout prix qu'enlever Aristie,
A qui devant vos yeux, enfin maître de moi,
Je rapporte avec joie et ma main, et ma foi.
Je ne dis rien du cœur, il titit toujours pour elle. [Sert., v, 7.)
— TEMR A, fig., dans le sens de dépendre de, avec une négation :
Il ne tiendra qu'au roi qu'aux effets je ne passe. [Nicom., i, 3.j
« Souvent en ce temps-là, remarque Voltaire, on supprimait
350 TEPIDITE.
le ne quand il fallait l'employer, et on s'en servait quand il fallait l'omettre. Le second ne est ici un solécisme. « Il tient à vous, » c'est-à-dire il dépend de vous que je passe, que je fasse, que je combatte, etc. « Il ne tient qu'à vous » est la même chose « qu'il tient à vous; » donc le ne suivant est ici un solécisme. »
Cette phrase pourrait, ce nous semble, signifier, si je ne passe pas aux effets, le roi seul en aura été cause, et l'expression ne serait pas incorrecte, quoique assez particulière.
— A MOI î<E TiENDR.\ PAS QUE, pour dire, il ne tiendra pas à moi que :
A moi ne tiendra pas que la beauté que j'aime
Ne me quitte bientôt pour un autre moi-même. {La PL Roy., i, 4.)
— EN TENIR FORT AYANT, être vivcmcnt épris d'une personne :
TiRCis. Tu crois donc que j'en tiens ?
CLORis. Fort avant. [Mél., ii, 4.)
— TENIR DU BARBARE, avoir quclquc chose de barbare :
Mais votre fermeté lient un peu du barbare. ^Hor., ii, 3.)
On a dit, et on pourrait très-bien dire encore, d'une manière analogue :
11 se trouva enûn dans la troupe un homme qui n'étoit ni bien ni mal fait, qui avoit la physionomie fort ingénue, et qui montroit tenir beaucoup du siupide. (FuRETiÈRE, Roman bourg.)
TÉPIDITÉ, fig., en langage de dévotion, tiédeur, l'opposé de ferveur :
Et bien loin de tâcher qu'une chaleur si belle
Prenne de jour en jour une force nouvelle,
Nous laissons attiédir son impuissante ardeur,
Qui de tépidiié dégénère en froideur. (Imii., i, 11.)
Si telle est ma foiblesse et ma tépidité.
Au milieu d'un secours de puissance infinie... [Ibid., iv, 3.)
Qu'il est de lâches, qu'il en est
Dont la tépidité s'y plaît (dans l'assoupissement).
Jusqu'à le rendre volontaire.
Et dont la nonchalance aime à prendre aux cheveux
La moindre occasion d'éloigner un mystère
Qui les ohligeroil d'avoir mieux l'œil sur eux; [Ibid., iv, 10.)
On a dit exactement dans le même sens, longtemps avant Corneille :
Tépidité est de ceste condicion qui est lentement aimer Dieu et estre lent à tout bien. [Modus et Racio, ms., f" -286, v.)