‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 243 sur 344 · TIERS. — TIRER · texte numérisé non relu

TIERS. — TIRER

TIERS. RECEVOIR POUR TIER.S DE, commc recevoù' en tiers de :

Recevez-moy pour tiers d'une amitié si belle. [Suite du Ment., v, 5.)

TIRER, V. act., comme lance)\ tirer des traits :

Mon mai n'est point l'effet ni de ses seuls regards.

Ni des traits qu'un aveugle lire. (Poés. dit., madrigal, xn.)

Cet aveugle qui twe des traits, c'est l'amour.

Bien qu'on trouve des exemples de cette manière de parler, elle n'est pas très-bonne, à cause de l'origine commune des mots trait et tirer.

— TIRER, fig., arracher :

J'ai lire de ce joug les peuples opprimés. [Agésilas, m, 1.)

Il lui faudroit du front tirer le diadème. [Nicom., v, 7.)

« Tirer un diadème du front ! » s'écrie Voltaire.

Le sévère commentateur aurait pu, au même titre, mettre son

point d'exclamation désapprobateur après ces vers de Polyeucte :

Est-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie

Sauva des ennemis votre empereur Décie,

Qui leur tira mourant la victoire des mains,

El fit tourner le sort des Perses aux Romains ? (Acte i, se. 3.)

Les meilleures autorités sont encore ici pour Corneille contre Voltaire :

Il faut qu'elle fasse comme un enfant qui est tiré par des voleurs d'entre les bras de sa mère, qui ne le veut point abandonner. (Pascal, Leti., à M"' de Roannez, VII, éd. Louandre.) — Ce fut un spectacle bien étrange de voir tirer un tribun ignominieusement par des licteurs et des affranchis hors de son tribunal. (St-Réal, Conjur. des Gracqucs.) — Il y en avoit à qui l'on coupoit les pieds et les mains, que l'on scioit en deux, a qui l'on arrachoit les yeux, les dents ou les ongles; à qui l'on tiroil les entrailles, étant tout vivans. (Fledry, Cat. hisl., i, 4.)

— TIRER UN SOUPIR, arraclicr un soupir :

L'image de l'empire en de si jeunes mains

M'a tiré ce soupir pour l'État que je plains. [Pulch., ii, 1.)

On peut rapporter à la même signification cette phrase de

Bossuet :

Luther n'en a jam.ais tant dit, et tout ce que ses emportements lui ont tiré de la bouche n'approche pas de ce que Calvin dit froidement de lui-même. [Hisi. des Variations, ix.)

— TIRER A soi, s'arroger :

ciNNA. Mourez, mais en mourant ne souillez point ma gloire. EMILIE. La mienne se flétrit, si César te veut croire. CINNA. Et la mienne se perd si vous tirez à vous

Toute celle qui suit de si généreux coups. [Cin., v, 2.)

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