MARTYRE. - MATIERE
Le martel d'amour se passe en une semaine, mais la disette l'accompagne jusques à la mort. lA.,ibid., iv, 5.)
C'est ce monsieur, c'est ce brouillon
Qui me veut donner l'aiguillon,
Afin de me mettre en martel. (Belleau, La Reconu., n, 3.)
Mais que ceste nouvelle trame
Ne m'ourdisse nouveau martel. (Id, ibid., m, 4.)
Pour m'oster le martel, arreste
D'accorder ce soir Antoinette
Avec son clerc... (Id., ibid., iv, 3,)
J'ay soupçon ce propos avoir esté advancé par le dict Bernaveld autant par art
que par science, afiin de commencer me donner martel de l'union desdicts roys.
{Lelt. miss de Henri IV, 12 juin 1603, t. vi, p. 106.) — En ce martel se passent les
vendredi, samedi et dimanche. (Pasq., Lett-, xii, 4.)
On trouve aussi donner à une pei^sonne mortel de quelqu'un , pour signifier lui inspirer des soupçons contre quelqu'un :
Les paroles de telles gens, lesquels je pense qu'ils jettent au vent... pour vous picquer et esmouvoir a faire ce qu'ils désirent en vous donnant martel desdits princes. {Mém. de Villeroy, t. ii, p. 181.)
MARTYRE, mettre en martyre, fig., comme faire souffrir le martyre :
HippoL. D'où vient que mon abord l'oblige à te quitter? FLORiCE. Tant s'en faut qu'il vous fuie, il vient de me conter...
Toutefois, je ne sais si je vous le dois dire. HIPPOL. Que tu te plais, Florice, à me mettre en martyre! [La Gai. du Pal., m, 3.)
— n'Être qu'en martyre avec quelqu'un, comme è^re ou iiiartyre :
Avec ces bons esprits je n'étois qu'en martyre- Leur discours m'assassine. [La Veuve, i, 5.)
— Autre emploi remarquable :
Pour l'intérêt public rarement on soupire,
Si quelque ennui secret n'y mêle son martyre. [Pulch., u, 1.)
MASSE, pour signifier multitude confuse et sans ordre, une masse d'armée :
Tous ces mutins ne sont que de simples soldats.
Aucun des chefs ne trempe en leurs vains attentats.
Ainsi ne craignez rien d'une masse d'armée
Où déjà la discorde est peut-être allumée. [Oth., v, 2.)
MATIÈRE, occasion :
Sire, c'est rarement qu'il s'offre une mati'ere
A montrer d'un grand cœur la vertu tout entière. [flor., v, 2.)
MECHANCETE. — MECONTENTER. 37
MECHANCETE, employé dans le style noble, et avec une én<;rgie de signilication que ce mot n'a plus aujourd'hui :
El de tant de pays nomme quelque contrée
Dont les méchancetés te permettent l'entrée. [Méd.. n, 2.)
MECHANT, adj., dans le sens de faible, un méchant soupir :
Pour un mécliani souph- que tu m'as dérobé.
Ne me présume pas tout à fait succombé. {La PI. roy., iv, 5.)
— MÉCHANT, en parlant d'une pièce de théâtre, dans le sens de médiocre :
Je ^ous donne Médée toute méchanie qu'elle est, et ne vous dirai rien pour sa jusiilication. {Médée, A Monsieur P. T. N. G.)
— ASSEZ MÉCHANTE POSTURE, position asscz pitcuse :
Flaminius y demeure en assez méchanie posture, voyant réunir toule la famille royale, malgré les soins qu'il avoit pris de la diviser. [Exam. de Nicom.)
Ces significations sont connues, mais les emplois que Corneille en a faits sont assez remarquables.
MECONNAISSANCE, action de ne pas reconnaître, au sens propre :
MÉLiTE. Ah! dieux, quelle Imposture !
Jamais un de ces traits ne partit de ma main. CLORis. Nous pourrions demeurer ici jusqu'à demain
Que vous persisteriez dans la méconnoissance ,
Je les vous laisse. [Mél., iv, 2.)
La dernière édition de l'Académie ne donne à méconnaissance que la signification à' ingratitude ; on le trouve cependant employé jusqu'à nos jours dans le sens de ne pas reconnaître, de méconnaître, au sens matériel ou moral : ,
La ruine des Juifs sera la suite de la mort du Christ et de leur méconnoissance. (Boss., Hisi. univ., 2<= p., c. ix.) — Ce crime est visiblement leur mt'coHHoma?ice envers leur Messie, qui venoit les instruire et les affranchir. (Id. , ibid., c. xxix.) — Quand il s'humiliait devant Edouard IV et le duc de Bourgogne, ce n'était point par une méconnaissance de sa grandeur, mais pour obtenir le loisir de poursuivre dans l'intérieur de la France les seigneurs puissants. (Chat., Anal, raisonnée de l'hist. de France, xi.) Méconnaissance de Dieu. (Lacord., V Conférence.)
Saint-Réal reprochait comme un néologisme, aux écrivains de Port-:Royal, l'emploi du mot méconnaissant.
MÉCONTENTER, se mécontenter de, suivi d'un substantif, être mécontent de :
Voilà quelles raisons ôtent à vos services Ce qu'ils vous semblent mériter,