‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 24 sur 344 · MARCHANDER. — MARTEL · texte numérisé non relu

MARCHANDER. — MARTEL

MARCHANDER quelqu'u.n, traiter du prix de quelqu'un :

Je sais que les Romains, qui l'avoient on otage

L'ont enfin renvoyé pour un plus digne ouvrage,

Que ce don à sa mère Oloit le prix fatal

Dont leur Flaminius marchatidoii Amiibal. (Nicom., i, 1.)

MARCHER. FAIRE MARCHER, cu parlant d'un ressort qu'on fait mouvoir :

A\ec mon pistolet le cordon s'embarrasse,

Fait marcher le déclin: le feu prend, le coup part. (Le Ment., ii, 5.)

— FAIRE MARCHER DES VERS A LA TETE DE, les placer en tête de :

Ce n'est pas sans raison que je fais marcher ces vers à la tête de l'Œdipe, puisqu'ils sont cause que je vous donne V Œdipe. [Œd., au lecteur.)

On a dit d'une manière analogue :

La gloire que V. A. s'est acquise en cette dernière campagne marchera au premier rang des événements les plus illustres de nostre siècle. ;Ah.n. d'Andilly. Letl., cxxiv.)

MARQUE. PORTER LES MARQUES DE, avec un nom de chose pour sujet, avoir tous les caractères distinctifs de :

Voyez à quoi, seigneur, on conno>t les monarques.

Ne m'offrez plus de vœux qui n'en portent les marques. {Attila, i, 1.)

— MARQUE, qualité :

Je découvrois en vous d'assez illustres marques.

Pour vous préférer même aux plus heureux monarques. [Pol. , ii, 1.)

Souvent un peu d'amour dans le cœur des monarques

Accompagne assez bien leurs plus illustres marques. [Oih., ui, 3.)

MARQUER POUR, signaler, relever, regarder comme :

Nous y avons tellement accoutumé nos spectateurs (à la liaison des scènes), qu'ils ne sauroient plus voir une scène détachée sans la marquer pour un défaut. {Trois. Disc]

MARTEL, l'ancienne forme du mot marteau, employé lig. comme martel en tète, pour signifier tracas, souci :

Qu'il fasse mieux ce jeune jouvencel, A qui le Cid donne tant de martel.

Que d'entasser injure sur injure, Rimer de rage une lourde imposture,

Et se cacher ainsi qu'un criminel. [Rondeau contre Scudénj.)

0! combien de martels, combien de jalousies j'ay donné en Naples! (Fr. d'A.m-

BOisE, Les NeapoL, i, 3.) — .J'ai peur qu'il ne m'aie veu parler à Gaster, et en ait

pris quelque martel de quoy vienne son malcontentement. (Id., ibid., ii, 3.) —

Quand il luy aura baillé la robbe, le moc/t;/ cessera. '^Lakiv., Les Tromp., ii. 1.)

Mon Constant m'ouvre la poictrine,

El un cruel martel me mine. (Id., ibid., ii, I.)

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