VIF
rois vous le faire voir dans les masures d'un l'ieiV château ruiné. (Flkch., Panég. de S. Antoine, i.)
Un vieil mage, poussé par un zèle indiscret.
M'apprit barbarement un si fatal secret. (M™' de Villed., ISiiélis, i, 1.)
On disait aussi au pluriel masculin vicils :
Ainsi qu'il se trouve escrit aux vieils livres. (Fauchet, Antiq. gaul., 1" vol., II, 16.) — Tous leurs meilleurs capitaines et vieils soldats. (Id., ibid., v, 19.)
Dans la seconde partie du dix-septième siècle, vieil devint d'un usage très-rare, même devant une voyelle, témoin cette remarque de Ménage :
< Il est vrai qu'on a dit depuis vieil devant une voyelle, et vieux devant une consonne ; mais il est vrai aussi qu'à présent, contre l'avis de M. de Vaugelas, on dit toujours vieux, comme l'a remarqué M. de Marolles dans sa lettre sur la traduction de M. d'Anililly, du second et du qualiiéme de l'Énéïde. J'ajoulo à l'autorité de M. de Maruiles celle de M. de Balzac, qui dit aussi toujours vieux, aussi bien devant les voyelles que devant les consonnes. M. Maynard en use aussi tous les jours de la sorte. Page 277 du nouveau Recueil de ses Poésies : A Flote, le vieux esclave, etc. Et page 278 : Un rimeur vieux et gascon, etc. — Il y a pourtant de certains endroits où non-seulement on peut dire vieil, mais où il faut dire, comme en ces façons de parler, dépouiller le vieil homme, dépouiller le vieil Adam. » (Observ. sur la lang. franc., 1" p., c. xx.)
Cependant, tout à la fin du siècle, on trouve encore vieil, employé devant une consonne :
Il a des heures de reste pour ses visites : vieil meuble de ruelles où il parle procès et dit des nouvelles. (La Bruyère, Car., c. xi.)
Aujourd'hui, l'adjectif masculin vieil ne s'emploie plus que devant un substantif commençant par une voyelle ou un h non aspiré : vieil arbre, vieil habit.
VIF, subst., pour dire quelque chose de vif, d'animé :
Ami, veux-tu savoir, touchant ces deux sonnets
Qui partagent nos cabinets,
Ce qu'on peut dire avec justice?
L'un nous fait voir plus d'art, et l'autre plus de vif; L'un est le mieux peigné, l'autre est le plus naïf; L'un sent un long effort, et l'autre un prompt caprice. {Épigramme.)
On trouve d'une manière analogue :
MaiS' leurs yeux suppléoient au peu d'agitation de leur corps. Des changements de posture, comme des gens peu assis ou mal debout; un certain soin de s'éviter les uns les autres, même de se rencontrer des yeux; les accidents momentanés qui arrivoient à ces rencontres; un je ne sais quoi de plus libre en toute la personne, à travers le soin de se tenir et de se composer; un ri/, une sorte d'étincelant autour d'eux les distinguoient, malgré qu'ils en eussent. (St-Sim., Mérn. , ann. 1711.)