‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 291 sur 344 · YEUX. — ZELE · texte numérisé non relu

YEUX. — ZELE

— y, en cela :

C'est assez mériter d'être réduit en cendre,

D'y voir réduit tout l'isliime, afin de l'en pnnir,

Et qu'il n'empêche plus les deux mers de s'unir. (Méd., i, 4.)

YEUX. HONORER DE SES YEUX, lionorer de ses regards, de sa présence :

C'est un pénible ouvrage D'arrêter un combat qu'autorise l'usage.

Que les lois ont réglé, que les rois vos aïeux Daignoient assez souvent honorer de leurs yeux. ID. Sanche, ii, 1.)

— MES YEUX, pour dire ma présence :

Pourrez-voas l'épouser dans quatre jours? 0 cieux !

Dans quatre jours? seigneur, ?/ voudrez-vous mes yeux? (TiteetBér., m, 5.)

ZÈLE, avec le pluriel, dans le sens de personnes zélées :

Aux zèles indiscrets tout paroît légitime, {Tiie et Bér., v, 5.)

Zèle, dans diverses nuances de signification, se trouve souvent avec le pluriel :

Prenez en gré, princesse, les bons zelles

De l'entreprinse aux quatre damoiselles. (Cl. Marot, Épiyr-, v, 1.)

Les plus passionnez qui ont gémi, fidelles,

Des vices de leurs rois, punis de leurs bons zèles,

Ont esprouvé le siècle où il n'est pas permis

D'ouvrir son estomac à ses privez amis. (D'Aubigné, Tray., ii.)

Toutes les autres religions soulèvent contre la nature des craintes superstitieuses, ou des zèles furieux, tantôt pour sacrifier ses enfants, comme Agamemnon , tantôt pour se dévouer soi-même, comme Décie. (St-Évrem., Leit. à M. de Crèqui.) — C'est ce qui oblige aussi les ministres de l'Eglise de modérer les zeks trop humains que des personnes conçoivent pour eux. Car ces zèles indiscrets sont des sources d'une infinité d'inconvénients. (Nicole. Coni. des Ess., sur l'Évang. du 4' dim. du car.) — Parce qu'il a vu souvent des zèles déplacés, il ne lui en faut pas davantage pour conclure qu'il n'en est point de solide et de véritable. (Mass., ConJ'ér., Conduite des clercs dans le monde, 1""* réflei.)

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