AVIS
Inconlestablomeiil, cette phrase est lourde, et il est préférable d'employer simplement la préposition, comme dans cet exemple :
Je suis discret, Et l'on aura ma vie avaiii votre secret. (T. Corn., Darius, ii, 5.)
Du reste , — et Sainte-Palaye Fa déjà constaté , — l'emploi d'avant que pour avant, suivi d'un substantif ou d'un mot équivalent, est fréquent dans l'ancienne langue. On trouve :
Ai-ant que li, pour avant lui. [ViecVIsab., à la suite de Joinv., p. 171.) — Avant que sdi femme, pour avant sa femme. [Ord. des Rois de Fr., t. I, p. 122.) — Avant que moy, pour avant moi. (J. M.VROT, Poes., p. 21 o.)
J. de Meung, faisant le portrait d'une jeune et jolie personne, dit :
Les yeulx doulorez et faictz Qui ryoient tousjours avant Que sa bouche, le plus souvent.
(Jeh.\n de Mecng, Le Roman de la Rose, v. 8601.)
— Corneille a dit encore, et toujours d'une manière peu poétique :
Avant que sur Creuse ils agiroient sur moi. [Méd., iv, 2.)
— AVANT, adv. s'expliquer plus avant, pousser plus loin les explications.
Nous avons cité cet exemple de Corneille :
El l'ai revu souvent Sans nous êire tous deux expliqués plus avant. [Œd-, iv, 4.)
Un de nos vieux auteurs de comédies populaires a dit d'une manière analogue :
Nous en parlerons plus avant. (Farce de Guillenne.]
On dirait aujourd'hui, plus au long ; mais la locution en parler plus avant, c'est-à-dire plus à fond, est en soi excellente, comme la locution de Corneille, s'expliquer plus avant.
AVIS, opinion, prendre les avis de quelqu'un, comme 2:>rendre l'opinion, prendre la voix :
De Maxime et de toi i'ai pris les seuls avis,
Et ce sont, malgré lui, les tiens que j'ai suivis. [Cinna, v, 1.)
Cet emploi est excellent, mais assez rare ; on dit plus habituellement, avec le singulier, prendre ravis, prendre avis de..