‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 322 sur 344 · NAITRE. — NON · texte numérisé non relu

NAITRE. — NON

Et j'ai vu leur honneur croître de la moitié,

Quand ils ont des deux camps refusé la pitié.

Si par quelque foiblesse ils l'avoicnt mendiée,

Si leur haute vertu ne l'eût répudiée.

Ma main bientôt sur eux m'eut vengé hautement

De l'affront que m'eût fait ce mol consentement, (Ilor., m, 5.)

S'il pardonne il eslmol; s'il se venge, barbare. (Rotrou, Vencesl., i, l.)

De môme, avec le pluriel, et jusqu'à une époque très-rapprochée de nous :

Ce sont des peuples mois, pacifiques, indolens. (Buff., Ilist. nat. de l'homme. Variétés dans l'espèce humaine.)

Mol, de même que fol, ne s'emploie plus guère devant un mot commençant par une consonne. Il est beaucoup de cas cependant où fol et mol seraient plus harmonieux que fou et mou.

NAITRE. CE QUE JE suis NÉ, le rang dans lequel je suis né. Nous avons cité ces vers de Corneille :

Je ne puis jeter l'œil sur ce que je suis née.

Sans voir que de périls suivront cet hyménée. [Tite ei Dérén., iv, 1.)

Ajouter :

On a dit exactement de même après le grand tragique :

Oui, votre politesse, Votre abord, vos discours, un esprit vif, orné, Tout fait voir à l'instant ce que vous êtes né. (Dest., Le Médisant, n, 10.)

NON, employé dans une phrase où l'on dirait aussi bien oui. Voici un exemple analogue à celui de Corneille :

Quoi, ce crime est le seul dont Moncade est coupable? Ce grand courroux du roi, cet exil de la cour, N'a pour tout fondement que cet effet d'amour? D.ALV4R. JVoH, madame. (M"' de Villed., Le Favori, m, 1.)

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