POUSSER. — FRESQUES
POUSSER LNE ME.NTEiuE, poui' signifier avancer avec audace un mensonge :
On iliroit qu'il dit vrai, tant son effronterie
Avec naïveté pousse une menterie. {Le Ulein., ii, 5,)
Pousser une menterie est dit probablement par une métaphore empruntée à l'escrime, comme pousser une botte.
PRENDRE. Corneille modifie d'une manière heureuse la locution en prendre mal, signifiant en arriver mal :
Ne l'enhardis pas tant, j'auruis pour, au contraire,
Que malgré tes raisons quelque mal ne l'en prit. {La Veuve, i, 2.)
— PRENDRE, abs., recevoir de l'argent :
Mais vous avez reçu, quiconque prend se vend,
dit Corneille, dans l'endroit du Menteur que nous avons cité. Il
fait allusion à un vieux proverbe :
Qui prend se vend, qui donne s'abandonne.
[Conlr. de Songe creux, î" 175, V.)
— PRENDRE, fig., dans le sens d'usurper, d'acquérir :
Vos pleurs sur moi prennent trop de puissance. {PoL, i, 2.)
Les rois même en amour savent mal obéir;
Et les plus enflammés s'efl"ùrcent de haïr,
Sitôt qu'on prend sur eux un peu trop de puissance. [Agés., iv, 5.)