‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 329 sur 344 · POUSSER. — FRESQUES · texte numérisé non relu

POUSSER. — FRESQUES

POUSSER LNE ME.NTEiuE, poui' signifier avancer avec audace un mensonge :

On iliroit qu'il dit vrai, tant son effronterie

Avec naïveté pousse une menterie. {Le Ulein., ii, 5,)

Pousser une menterie est dit probablement par une métaphore empruntée à l'escrime, comme pousser une botte.

PRENDRE. Corneille modifie d'une manière heureuse la locution en prendre mal, signifiant en arriver mal :

Ne l'enhardis pas tant, j'auruis pour, au contraire,

Que malgré tes raisons quelque mal ne l'en prit. {La Veuve, i, 2.)

— PRENDRE, abs., recevoir de l'argent :

Mais vous avez reçu, quiconque prend se vend,

dit Corneille, dans l'endroit du Menteur que nous avons cité. Il

fait allusion à un vieux proverbe :

Qui prend se vend, qui donne s'abandonne.

[Conlr. de Songe creux, î" 175, V.)

— PRENDRE, fig., dans le sens d'usurper, d'acquérir :

Vos pleurs sur moi prennent trop de puissance. {PoL, i, 2.)

Les rois même en amour savent mal obéir;

Et les plus enflammés s'efl"ùrcent de haïr,

Sitôt qu'on prend sur eux un peu trop de puissance. [Agés., iv, 5.)

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