‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 331 sur 344 · PRET. — PUBLIC · texte numérisé non relu

PRET. — PUBLIC

ignorance où ils vivent des devoirs du christianisme, et dans les occasions presqucs inéviinbles de corrompre leur innocence où ils sont engagez. (A. Godeau, Disc, sur les Ordres sacrez, il, 1, Paris, 1653.)

Un autre adverbe, encore, prenait aussi quelquefois un s devant une voyelle, et même devant une consonne :

Il y avoit cncores un autre plus grand inconvénient à craindre, c'est que... (Do ViLL.iRS, Mém., VI, 1555.)

Encores si j'estois bien seure.

(Mellin de St-Gelais, Œuv.poét., p. 48.)

Dont le troisième cncores qu'au dedans... (Id., ibid., p. 44.)

Et presse ceux qui encores portoient affection à son père. (Fauchet, Aniiq. gaul., •2' vol., m, 13.)

Plus anciennement on trouve encoires, encoures.

PRÊT, adj.

Aux exemples àeprêt à, comme pi^ès de, ajouter celui-ci d'un auteur très-classique de la fin du dix-huitième siècle :

Cette mode est devenue depuis une sorte de manie épidémique qui n'est pas encore prête à passer. (La Harpe, Corresp. lui., lett. cxxvii.)

PRIX. LE PRIX DE, suivi d'un infinitif.

Ajouter :

Racine a dit de même :

Pour prix d'avoir si bien secondé vos souhaits,

Faudra-t-il me résoudre à ne vous voir jamais? (Miilirid., i, 2.)

PROCHE, prochain.

Ajouter :

Un contemporain de notre poëte a dit de même :

Des-jàle bruict de ton proche bon-heur... (St-Amant, Epist.à l'Hiver.) — PROCHE DE, suivi d'uu infinitif.

On a dit un peu avant Corneille :

C'est doubter que vos felonnies Ke soient proches d'estre punies.

(Théoph., Ode, Sur la paix de l'année 1620.)

PUBLIC. LE PUBLIC, pour dire le peuple, ou l'État, la patrie. Ajouter cet exemple :

Voy qu'au public semblable injure touche. ^A. Hardy, Alcée^ \, 2.)

QUK. i83

QUE, conj., à quoi, que sert, à quoi sert :

Mais que sert le mérite où manque la fortune? (fol., i, 3.)

Où n'y ha point miséricorde, Que sert prier ny lamenter?

(J.-A. DE Baïf, Les Mimes, liv. i, f" 14, éd. 1619.)

— Et avec un régime indirect de personne :

Hais que me servira cette vaine poursuite.

Si l'air est un chemin toujours libre à ta fuite? {Méd., v, 7.)

— QUE SERT DE (uu infinitif), avec un régime indirect de personne :

Que me sert de savoir que tes vœux sont constants?

Que te sert d'être aimé quand il n'en est plus temps ? [La PL Roy., ni, G.)

On a dit de même avant et après Corneille :

Que nous servira d'y penser? (J.-A. de Baïf, L'Eunuque, i, 1.)

Aussi bien que vous sert-il de luire, quant... (Le Moulinet, Les A'jreahles Diversitez d'Amours, éd. 1613, p. 36.) — Que nous sert de détester la mollesse des hérétiques, si... (Boss., Méd. pour leJub., I" méd., i, 1.)

— QUE, suivi d'un infinitif et précédé d'une négation, équivalant à rien à.

Thomas Corneille s'exprime ainsi sur cette manière déparier:

« On dit fort bien, il ne sait que faire, Une sait que dire, mais il semble que cela doit être absolu, et que quand il suit quelque chose, il est mieux de se servir de rien à. Ainsi je dirois, n'ayant rien à répondre à ses reproches, n^ ayant rien à dire à ceux qui l'interrogeaient, plutôt que n'ayant que répondre à ses reproches, n'ayant que dire à ceux qui l'interrogeoient. » [Not. sur les Remarques de Vaugelas, CCCCXCII.)

Ainsi le frère du grand tragique aurait , comme Voltaire, condamné ce vers :

Nous n'avons désormais que craindre de sa part.

Cette forme facilitait la versification. Pierre Corneille a bien

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