‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 333 sur 344 · QUOI QUE · texte numérisé non relu

QUOI QUE

(lu dix- septième, cette conjonction s'écrivait toujours en deux

mots, comme le prouveront ces quelques exemples pris au hasard :

Et s'estudia de rendre son filz Ctesippus homme de bien, quoy qu'il le veist fort dépravé et fort incorrigible. (Amyot, Vies, Phoclon.) — Quoij que sous honnesles prétexte les rojs prétendent en abuser. iPasquier, Pourpmler du Prince.) — Et quoi) que par adversitez casuelles ils culbutent du haut un bas, seront tousjours semblables à eux. (Id., Pourparler de la loy.)

Quoy que ce grand cœur généreux.

Forcé d'un respect amoureux, Ait flecby devant vostre face.

(ThÉOPH., Au Roy, Ode, Cher object des yeui et des cœurs.)

Il fut un vagabond, et, quoy qu'on le renomme (Énée),

Je ne sçay s'il posa les fondemens de Rome. (Id., Élérjie à M. de M,..)

.... quoy qu'un peu hors d'haleine. (St-Amant, Moyse sauvé, vu.)

Quoy (jtt'inspiré du démon des tavernes. (Id., La Peiarrade aux Bond.)

Le soleil est toujours le mesme, quoy que les nuages offusquent sa lumière. (M°" DE La Sl'ze, Recueil de pièces yalaiites, t. iv, p. 16. Le Démêlé de l'Esprit et du Cœur.) — Je continuai donc cette histoire : mais quoi que je l'eusse déjà poussée jusqu'au régne de Henri II, j'étoissur le point d'abandonner mon ouvrage. (Rapi.v Thoyras, Hisi. d'Angleu, préf.) — Quoi qu'il respecte les deux partis. (Id., ibid.. Plan de l'Hist. d'Anglet., t. vu.)

Vaugelas écrit aussi quoy que, ainsi qu'on peut le voir par les citations des Remarques faites pages 446 et 460 de ce volume.

Dans une grammaire française publiée en 1744, la grammaire de l'abbé Vallart , cette conjonction est encore écrite en deux mots, quoi que, à la liste alphabétique de toutes les conjonctions ; dans un article suivant, où les conjonctions sont rappelées chacune à leur espèce, quoique est écrit en un seul mot : quoiqu'il >(oit pauvre, il est honnête homme . (V. page 403.)

L'usage n'était donc pas encore toat à fait fixé, bien que l'orthographe actuelle prévalût depuis longtemps déjà. — Pendant un certain nombre d'années , quelques auteurs avaient mis un trait d'union entre quoi et que, quoi-que. C'est ainsi que ce mot est écrit dans les Béflexions sur l'élégance et la politesse du stile , par M. l'abbé de Bellegarde, 3e édit., 1713.

L'ancienne manière d'écrire cette conjonction est parfaitement justifiable, et peut même paraître préférable à celle qui a été adoptée depuis. En écrivant quoi que, en deux mots, quoi gardait sa valeur de pronom , et que était seul conjonction. Quoiqu'il soit généreux, écrit à l'ancienne manière, voulait dire à quelque point, à quelque degré qu'il soit généreux, ce qui

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