MISE. — MISERE
MISE. DE MISE, en parlant de choses littéraires, digne d'être présenté et accueilli :
Il est impossible qu'on s'imagine qu'à des personnes de votre rang, et à des esprits de l'excellence du vôtre, on présente rien qui ne soit de mise, puisqu'il est tout vrai que vous avez un tel dégoût des mauvaises choses... {Clii., dédie, à M^"^ le duc deLonguev.)— Ces entreprises contre des proches ont toujours quelque chose de si oriminel et de si contraire à la nature, qu'elles ne sont pas croyables, à moins que d'être appuyées sur l'une ou sur l'autre, et jamais elles n'ont cette vraisemblance sans laquelle ce qu'on invente ne peut être de mise. {Deux. Disc.)
La locution être de mise se variait quelquefois heureusement, comme dans cette phrase :
Ceux qui ont dit que la neige est noire ont laissé des successeurs qui, s'ils ne disent la même impertinence, en diront d'autres qui ne seront pas de meilleure mise. (Malh., à Balzac.)
— Corneille dit encore êù^e de mauvaise mise, pour signifier n'être pas digne d'être présenté, n'être pas acceptable :
Que tout y soit bien ajusté.
Que rien n'y penche d'un côté.
Rien n'y soit de mauvaise mise,
Rien n'y sente la barbe grise. {Poés. div.. Bagatelle.)
Venez, cette raison est de mauvaise mise. {La IH. Roy., n, 8.)
Notre grand comique a dit :
Ton excuse n'est point une excuse de mise. (Ampliiir., ii, 3.)
— SE FAIRE DE MISE, avcc uu uom de personne, se faire recevoir, se faire admettre :
Il y vient de tous lieux des gens de toute sorte,
Et dans toute la France il est fort peu d'endroits
Dont il n'ait le rebut aussi bien que le choix.
Comme on s'y connoît mal, chacun s'y /où de mise. [Le Ment., i, 1.)
On trouve, dans un sens analogue, être regardé comme de mise :
L'air de la cour est quelque chose qui ne se conserve que là, et on a beau être bien fait et avoir de l'esprit, si on n'a pas ce je ne sais quoi qui ne s'acquiert que par l'usage, et encore par un continuel usage, on ne réussira point à y ttire regardé comme de mise. (L'abbé Ar.nauld, Mém., i, 1643.)
Toutes ces significations viennent de mise signifiant cours, en
parlant de monnaie :
Nous appelions monnoye, non celle qui est loyalle seulement, mais la fausse aussi, qui a mise. (Montaigne, Ess., n, 18.)
MISERE, employé comme malheur, infortune :
As-tu bien vu sa haine, et vois-tu ma misère? [PoL, v, 1.)
En le voyant régner où régnoient les deux frères,
Jugez à qui je puis imputer nos misères. (Perth., i, 1.)