OCCULTE. — OFFENSEUR
SEVEniN. Hélas, Frontin, que j'ai peur!
FRuNTiN. Vous en avez occasion. (Id., Les Esprits, ii, 3.)
Cependant (mes dames) n'attendez l'argument, parce que, pour quelques occasions, l'auteur n'en a point voulu faire. (Id., La Veuve, prol.) — Maintenant que ma femme est aux champs, il faut user de finesse, et sous quelque fausse occasion faire venir Émée en nostre logis. (Id., iOid., m, 3.) — Tu n'as occasion de te plaindre, si non de loi-mesme. (Id., Le Fidèle, v, 4.) — Il ne se vouloit monstrer à elle, de peur de luy donner occasion de ne se laisser plus voir. (Id., Facét. Nuicis deSiraparole, 4« nuict, fable 4.) — Vous avez grand tort de vous tourmenter de la sorte, maintenant que vous avez occasion de vous resjouir. (Touiinebu, Les Contens, v, 3.) — Vostre maistre a occasion d'aymer Geneviefve, pour les bonnes parties qui sont en elle, fid., ibid., i, 5.) — Vous n'avez occasion de craindre que vostre mère luy en parle. [Id., ibid., v, 3.) — Voilà, monsieur, la seule occasion pour laquelle je vous cherchois. (Gougenot, Com. des comédiens, i, 2.) — Pour me bailler (ce disoil-il) des lettres du sieur de Harlay, premier président en ma cour de parlement, mon très-bon et très-fidèle serviteur, détenu pour cette occasion prisonnier à Paris. {Len. de Henri III à Diiplessis.) — Étant monsieur de Buby dépesché par le roy, mon seigneur, pour les occasions qu'il vous fera entendre, je l'ay bien voulu accompagner de la présente, pour vous prier... [Len. miss, de Henri IV, t. il, p. 481.) — Et de vous donner communication de l'occasion de leur voyage. [Ibid., t. iv, p. 24.) — N'y eut oncques défauts de police bien ordonnée entre nos anciens Gaulois, conséquemment occasion pour laquelle ils dussent du Romain encourir le nom de barbares. (Pasq., Rech., i, 2.) — Il me déplaît seulement de penser qu'avec toute celte tendresse que vous me témoignez, il y a quelque occasion pour laquelle vous voudriez que je fusse pendu. (Voiture, Leii., à M. de Montausier, 22 cet. 1633.)
OCCULTE, en parlant de choses morales, l'occulte providence :
Sire, ajoutez du ciel l'occulte providence.
Sur deux amants il verse une même influence. [Clii., m, l.)
OFFENSEUR, s. m., celui qui fait, qui a fait une offense :
Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense. {Le Cid, i, 8.)
En cet affront mon père est l'offensé,
Et l'offenseur le père de Chiméne. [Ibid., i,9.)
Ce terme si nécessaire choquait par sa nouveauté le partial Scudéry ; il s'écrie avec son ton de suffisance dédaigneuse :
« Plus l'offenseur est cher. Ce mot d'offenseur n'est point françois, et quoique son auteur se croye assez grand homme pour enrichir sa langue, et qu'il use souvent de ce terme nouveau, je pense qu'on le renverra avec isnel. •»
L'Académie justifia Corneille en ces termes assez timides :
« Plus l'offenseur est cher. L'observateur a quelque fondement en sa répréhension , de dire que ce mot o^emeur n'est pas en usage; toutefois, étant à souhaiter qu'il y fût, pour opposer à offensé, cette hardiesse n'est pas condamnable, »