‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 65 sur 344 · OUBLIER · texte numérisé non relu

OUBLIER

Vénus, ô toi, dées§e d'Ëpicure I

Ame de tout, qui remplis la nature,

Qui, mariant tant d'atomes divers,

D'un nœud durable enchaînes l'univers : ,

C'est toi qui vis dans tout ce qui respire.

Mais c'est dans l'homme oit siège (on empire. Bern., L'An d'aimer, lu.)

Celte conquête est une grande époque ; c'est là où commence véritablement

l'empire turc au milieu des chréliens d'Europe. (Volt., Ess. sur les mœurs, c. xci.)

— C'est encore ici ot'i nous pouvons admirer l'ordre dans le désordre. J. de

Maistre, Consid. sur la France, ii.)

OUBLIER A, suivi d'un infinitif, comme oublier de :

Et quand il voit tes pleurs il oublie à punir.

[Inscripl. mises sous des estampes, La prise d'Angély.) i'oubliois à remarquer que la prison où je mets JEgée est un spectacle désagréable que je conseillerois d'éviter. [Exam. de Méd.) — i'oubliois à vous dire que je ne suis point encore pressé d'images pour le second livre. [Lett. au P. Boutard, ■23 avril 1652.} — J'oubliais à vous dire que je ne prends d'exemples modernes que chez moi. [Leil. à M. l'abbé de Pure, 25 août 1660.)

Le trouble de vos sens dont vous n'êtes plus maître

Vous a fait oublier, seigneur, à me connaître. {Soplion-, iv, 5.)

Ce dernier emploi semble assez particulier. Du reste, on trouve de nombreux exemples d'oublié?^ à/ :

En toutes aultres occasions qui s'offriront pour vostre bien et advancement, je u'o»6/ieraj/ jamais à recognoistre les bons services que j'ay reçus de vous. {Lett. iniss. de Henri IV. t. m, p. 779.)

Jeltez des fleurs, jettez de la verdure

Tout à l'entour de cette sépulture,

y'oublitz pas à y répandre aussi

Du vin, du lait... (Scévole de Ste-Marthe, Elég.)

J'avais oublié à dire que... (IIalh., Lett., à Peiresc, 8 janv. 1613.) — Elle n'o«blia pas à luy dépeindre tous les honneurs qu'on luy rendroit dans Lacédémone. (Senault, Traité de l'usage des passions, 2= p., 4« tr., l'^'' dise.) — Si j'avois veu ce que mon très-cher et très-singulier amy M. Colletet, un des premiers de nostre Parnasse, a fait voir depuis peu sur celte sorte de poème, où, sans doute, il n'aura rien oublié à dire. [Dern. Recueil de dit. poés. de Si-Amant, prèf.i — J'oubliais à vous dire que j'ai dépêché de mes mousquetaires partout sur les chemins et jusqu'à Saumur. afin d'arrêter tous les courriers qu'ils rencontreront allant à Paris. (LouLS XIV, Lett. à lareine Anne d'Auir., 5 sept. 1661.) Tu verras si ma gloire oublie à se venger.

Quand elle a reçu quelque outrage. (T. Corx., Circé, n, 5.)

J'oubliai hier à vous mander que... (Boil., Lett., à Racine, 9 juin 1693.) — J'avais oublié à te dire d'avertir le capitaine de ne prendre pas la peine de venir lui-même ce soir. (Brueys et Palaprat, Le Muet, u, 1.';

Nous avons déjà observé, en parlant de la préposition à, t. i, p. 9, que beaucoup de verbes, dans l'ancienne langue, s'accompagnaient de à pour de; qu'ainsi on disait : ne pas laisser à pour ne pas laisser de, désirer à pour désirer de, conseiller à pour conseil-

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