‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 66 sur 344 · OUBLIER · texte numérisé non relu

OUBLIER

1er de, omettre à pour omettre de. Nous en pourrions ajouter beaucoup d'autres. Cette substitution si fréquente de préposition est particulièrement remarcjuabledans certains cas; ainsi on trouve défendre à pour défendre de :

Et n'aurons là qui nous deffende à prendre terre. (J. D'arras, Mflua., éd. Brunet, p. 185.1

— s'oublier de, pour oublier, comme on dit se souvenir de, et en latin, meminiscor, obliviscor, avec le génitif :

De mon propre néant jamais ne m'oMé/îer. {Imii., mi, il.)

On trouve fréquemment dans les anciens livres de piété des expressions comme s'oublier de la mort. On a dit de même, avec toutes sortes de régimes :

Voilà, dit-elle, comme je chastie mes sujets qui s'oublient de leur devoir en mon endroit. ;Pasq., Leil., xvii,5.) — Que Menander etTérence ont failli en cet endroit, et qu'ils se sont oubliez de la bienséance qu'il faut garder au théâtre. { Fr. Ûgieh, l'réj. de Tyr ei Sid.) — Voilà qui va bien, dit le berger, et garde de l'en oublier. (DUrfé, l' Asirée, i,12.) — Mais que les sciences humaines s oublient de leur dignité, jusquà n'avoir plus d'usage que dans le commerce, ce n'est pas à moi, chrétiens, de le déplorer dans cette chaire. (Boss., Pané<j. de Sie Cather., m.)

Et avec ellipse du pronom personnel :

Qu'il n'y avoit rien qui fist plus tost oublier la femme de son devoir. (Bouchet, Serées, \ni.j

De même avec un infinitif :

Dont il fut si joyeux, qu'il s'oublia d'avoir sous sa robe en son sein une caille. (Amyot, Vies, Alcibiade.) — Je m'oubliois de vous dire ce que faisoient ces mesmes anciens, qui, pour empescher l'ébriété, se couronnoient de lierre aux grands banquels. (Borr.HET, Serées, i.) — C'est chose que j'affectionne de quoy je m'oublinii (/e vous parler dernièrement. {Lett. miss, de Henri IV, 21 janv. 160-2, t. v, p. 53/j.) — Geste repartie donnant plainement à cognoistre au filou que Orcandre avoit desjà un pied dans le piège, il ne s'oublia point de poursuivre pour atfaindre la fin de son dessein. (L'Esirange ruse d'un filou, Yar. hist. etlltt., t. iv.)

On a dit aussi s'oublier que :

La bravoure l'a emporté sur la prudence, et l'on s'tst oublié que l'on étoit capitaine pour faire le métier de soldat. (Fléch., ïiéflex. sur les différ. caraci. des hommes, c. i.)

S'oublier, pour oublier, cessa d'être une locution usuelle dans la seconde partie du dix-septième siècle, sans tomber tout ù fait en désuétude ; témoin les remarques de Bouhours :

« Plusieurs disent : je me suis oublié de faire cela; je me suis oublié que j'éiois engagé ; je me suis oublié de ce que je vous avois promis; je ne m'oubliemi pas de

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