‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 83 sur 344 · M PARTICIPE · texte numérisé non relu

M PARTICIPE

1er un solécisme. On trouve de nombreux exemples de en avec le

• participe présent ne se rapportant pas au sujet de la phrase, et

équivalanl à quand, lorsque, pendant que, avec l'indicatif; ainsi :

Le regardant, quand on le regarde :

Car il sembloit le regardant Un vrai mulet de président.

[Sai. Mén., Regr. fun. sur la mort de l'âne ligueur^)

En démenant et remuant, pendant qu'il démenait et remuait :

En demeuani et remuant son cheval, l'espée qui desjà pendoit contre les flancs du cheval, vuida hors de sa guaine, et cheut sur le sablon. (Oliv. de La Marche, Mém., 1, 14.)

En la baisant^ pendant que je la baise ; en vi'étendant, pendant que je m'étends :

Je la prins par le petit doy, En In baisant, ami rae clame,

fUn m'estendant, elle se pâme. (Rond, tiré du Rec. de poésie intitulé : l'eiil Traité contenant en soi la fleur de toute joyeuseié.)

En détournant, lorsqu'on détourne :

Le torrent qui n'a point de source est tantost asséché en détournant de son canal le cours des eaux. (L'Hospit,, But de la guerre et de la paix.)

En 7uiissant, in nascendo, quand je naquis, quand il naquit, au moment qu'ils naissaient, dans leur naissance, selon les cas que l'on va voir :

Les peuples sont heureux que ce Dieu tout-puissant

Illumine dès en naissant

Ue sa lumière intérieure. (Racan, Psaume xxxii.)

Si mon père en naissant m'avoit pu faire don De son esprit poélique, ainsi que de son nom. Qui l'a rendu vainqueur du Temps et de l'Envie, Je pourrois dans mes vers donner l'éternité

A Voire Majesté. (Id., Épigr., madrig. à .4nne d'.\utr.)

Voilà la prétendue faute tant reprochée à Boileau : « Si ton astre en naissant ne t'a formé poète. »

Ces derniers mots tirèrent de secrets soupirs du sein d'Amasis et de Calisthene, mais ils les estoufferent en naissant, et... (Gomberv., Cythérée, i, 6.) Peut-être le destin voulut vous faire naître Pour fléchir un vainqueur, pour captiver un maître. Pour adoucir en moi cette âpre dureté Des climats où mon son en naissant m'a jeté.

(Volt., L'Orph. de lu Chine, iv, 4.)

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