‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 92 sur 344 · PENSEE. — PERCER · texte numérisé non relu

PENSEE. — PERCER

PENSÉE , pour esprit, le latin mens :

Ce n'est pas sans raison que ma feinte passée

A jeté cette erreur dedans votre pensée. {La Gai. du l'ai., v, 4.)

J'aurois d'un si iirand coup l'àme bien peu blessée,

Si de pareils discours m'entroient dans la pensée. [L'Illus. corn., v, 5.)

PENSER , V. SE PENSER, comme se croire .

Je ne me pensais pas si fort dans sa mémoire. {[m Veuve, v, ::i.)

PENSER, subst., dans le sens d'esprit, d'orne :

Un infidèle encor régnant sur mon penser.

Votre infidélité ne peut que m'offenser. {Clii., i, 1, l'^ éd.)

Caliste, s'il est vray que ton cœur soit sensible Au feu qui me consume, et qui t'est bien visible ; S'il est vray que tes yeux, lorsqu'ils me vont blesser. Ont de la confidence avecques ton penser, Que ma possession te donne un peu de gloire, Que jamais mon object ait flatté ta mémoire, Ainsi que tes regards, ta voix et ton beau teint Ont leur pourtraict fidelle en mon cœur bien empreint, Considère souvent quel plaisir, quelle peine,

Me fait, comme tu veux, ton amour ou ta baine. (Théoph., Élériie,

Cruelle, à quel propos prolonges-tu ma peine? )

PENTE VERS, fig., inclination vers :

C'est ce qui m'a obligé à lui donner une penle vers la personne de Lucrèce an cinquième acte. [Exam. du Meni.)

PERCER, fig. l'ERCEu l'ame, comme on A\i fendre le cœur :

Et vous, madame, Retenez des soupirs dont vous me percez l'ùme. {Nicom., iv, 1.)

— PERCER LES MOTIFS, les pénétrer :

Ce grand juge des cœurs perce d'un œil sévère

Les plus secrets fwoi(/5 de nos intentions. (Imii., i, lr>,)

On a dit après Corneille :

Percez jusque dans les motifs des actions les plus éclatantes et des plus grands événements. (Mass., Petii Carême, Passion, m.)

— PERCER AU DELA DES ciEux, tig., s'élever plus liaut que les cieux :

La loi dont l'humble vol perce au delà des cieux. Pour cette vérité trouve seule des yeux.

{Œuvr. div., Louanges de la Vierge.)

— SE PERCER, en parlant du cœur, comme se fendre :

J'en verse, et plût à Dieu qu'à force d'en verser

Ce cœur trop endurci se pîit enfin percer. {l'ol., iv, ■>.)

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