PENCHER. — PENETRER
PENCHER, fig., avec un nom de chose pour sujet, faire pencher :
N'as-tu point trop fait voir quelle inégalité
Entre ces deux amants me penche d'un côté? {Le Cid, i, 1.)
Je veux, si je le puis, les éviter tous deux,
Sinon en ce combat Rodrigue a tous mes vœux.
Non qu'une folle ardeur de son côté me penche,
Mais, s'il étoit vaincu, je serois à don Sanche. [Ibid., v, 5.)
En vain donc je me llatle, et ce que j'aime à croire
N'est qu'une illusion que me fait votre gloire.
Mon cœur vous en dédit, un secret mouvement
Qui le penche vers vous malgré moi vous dément. [U. Sanc, iv, 3.)
C'est dans un sens analogue qu'on a dit :
Dieu répand dans l'àme quelque amour qui la penche vers la chose commandée. (Pasc, Leii. pov-, IV.) — Il n'a pas de penchant propre pour aucune chose; mais il se laisse pencher de quelque côté que l'on veut. (Fén., Insiruc(.,avis, etc.)
— PENCHER LA BALANCE, fig., faire pcucher la balance :
Il est peu de Romains qui penchent la balance
Vers l'extrême hauteur ou l'extrême indulgence. [Tite et Bér., iv, 1.)
— PENCHER LA M.\iN VERS, sc laisscr aller à donner la main à, dans le sens d'épouser :
Et n'ai point dû prévoir, ni que vers un Romain
Une reine jamais daignât pencher sa main,
Ni qu'un héros dont l'àmç a paru si romaine
Démentît ce grand nom par l'hymen d'une reine. {Sert., v, 1.)
— PENCHER, neut., en parlant d'un suftrage, se prononcer :
Songez que dans ma main j'ai le pouvoir suprême.
Qu'entre Othon et Pison mon suffrage incertain,
Suivant qu'il penchera, va faire un souverain. {Oth., ii, 2.)
— PENCHÉ, part. ÊTRE PENCHÉ A, commc pencher vers :
Et la tentation de tant d'argent touché
M'achève de pousser où j'éiois trop penché. {Suite du Ment., m, 2.)
PENDU SUR, suspendu sur :
Et les glaives qu'il tient pendus
Sur les plus fortunés coupables
Sont d'autant plus inévitables.
Que leurs coups .sont moins attendus. {Pol., iv,-i.)
PÉNÉTRER LES ciEux , en parlant d'une prière :
A ce coup ma prière a pénétré tes cieux;
Je pense en le voyant que je mourrai de joie. {Le Ment., iv, 4.)