‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 91 sur 344 · PENCHER. — PENETRER · texte numérisé non relu

PENCHER. — PENETRER

PENCHER, fig., avec un nom de chose pour sujet, faire pencher :

N'as-tu point trop fait voir quelle inégalité

Entre ces deux amants me penche d'un côté? {Le Cid, i, 1.)

Je veux, si je le puis, les éviter tous deux,

Sinon en ce combat Rodrigue a tous mes vœux.

Non qu'une folle ardeur de son côté me penche,

Mais, s'il étoit vaincu, je serois à don Sanche. [Ibid., v, 5.)

En vain donc je me llatle, et ce que j'aime à croire

N'est qu'une illusion que me fait votre gloire.

Mon cœur vous en dédit, un secret mouvement

Qui le penche vers vous malgré moi vous dément. [U. Sanc, iv, 3.)

C'est dans un sens analogue qu'on a dit :

Dieu répand dans l'àme quelque amour qui la penche vers la chose commandée. (Pasc, Leii. pov-, IV.) — Il n'a pas de penchant propre pour aucune chose; mais il se laisse pencher de quelque côté que l'on veut. (Fén., Insiruc(.,avis, etc.)

— PENCHER LA BALANCE, fig., faire pcucher la balance :

Il est peu de Romains qui penchent la balance

Vers l'extrême hauteur ou l'extrême indulgence. [Tite et Bér., iv, 1.)

— PENCHER LA M.\iN VERS, sc laisscr aller à donner la main à, dans le sens d'épouser :

Et n'ai point dû prévoir, ni que vers un Romain

Une reine jamais daignât pencher sa main,

Ni qu'un héros dont l'àmç a paru si romaine

Démentît ce grand nom par l'hymen d'une reine. {Sert., v, 1.)

— PENCHER, neut., en parlant d'un suftrage, se prononcer :

Songez que dans ma main j'ai le pouvoir suprême.

Qu'entre Othon et Pison mon suffrage incertain,

Suivant qu'il penchera, va faire un souverain. {Oth., ii, 2.)

— PENCHÉ, part. ÊTRE PENCHÉ A, commc pencher vers :

Et la tentation de tant d'argent touché

M'achève de pousser où j'éiois trop penché. {Suite du Ment., m, 2.)

PENDU SUR, suspendu sur :

Et les glaives qu'il tient pendus

Sur les plus fortunés coupables

Sont d'autant plus inévitables.

Que leurs coups .sont moins attendus. {Pol., iv,-i.)

PÉNÉTRER LES ciEux , en parlant d'une prière :

A ce coup ma prière a pénétré tes cieux;

Je pense en le voyant que je mourrai de joie. {Le Ment., iv, 4.)

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