‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du 17e siecle en généralChapitre 96 sur 344 · PEU · texte numérisé non relu

PEU

Cependant je dirai que votre àme s'explique

Un peu bien librement sur votre politique. (Mol., Don Garde, ii, 1.) Ce soin seroit un peu bien gênant. (Basnage, Hist. des ouv. des Sav., déc.1688.) Un sujet qui me paraissoit fort évident d'un côté, mais de lautre entraînant à des conséquences un peu bien dures, si on ne les éclaircit pas bien. (Bayle. Comment, philos., Disc, prél.) — Quand je suis venu à considérer la nature même des matières que j'ai traitées et poussées quelquefois un peu bien loin, j'ai trouvé une seconde raison encore plus forte de condamner mon ouvrage aux ténèbres du cabinet, ild., ibid., iv, préf.)

On trouve de nos jours :

Mais il ne faut pas rougir pour cela, Rumphius, quoique votre propos ail été un peu bien leste, et sentant fort son mauvais lieu. (E. Sue, La Vigie de Koat- Ven, II, 9.) — Parfois, elle était tentée d'attribuer cette charmante humeur de Denise à l'arrivée de son frère Julien; mais cette cause était un peu bien naturelle pour une observatrice aussi sut. le que madame la vicomu sse d'Audemer. [P. FÉVAL, Le Fils du Diable, i\, 11.)

— Emploi particulier de la locution un peu de :

Telle est encore celle de l'unité du lieu, qu'on doit arrêter s'il se peut dans la salle d'un palais, ou dans quelque espace qui ne soit pas beaucoup plus grand que le théâtre, mais qu'on peut étendre jusqu'à toute une ville, et se servir même, s'il en est besoin, d'un peu des environs. [Préf. ou Avert. au leci- de la 2* pan. des Œuv.)

— Emploi remarquable de le peu de :

Il me fuit, et l'ingiat ne veut pas ijue sa franchise cède au peu que j'ai d'appas. [La Gai. du Pal., v, 4.}

— c'est peu fait a vous de reprendhe, vous aurez fait peu quand vous aurez repris :

Apprenez de mon prince, ô monarque \ainqueur. Que c'est peu fait à vous de reprenare une place, Si vous ne trouvez l'art de regagner les cœurs.

[Inscript, mises sous des estampes, xiv, La Paix d'Alet,)

— c'est peu de, suivi d'un substantif :

Si je n'y viens à temps, ce perfide en ce cas

A son ombre immolé ne me suffira pas,

C'est trop peu de l'auteur de tant d'énormes crimes :

Innocent, il aura d'innocentes victimes. [i:iii.,i\,8.)

C'est trop peu de Jason que ton œil me dérobe.

C'est trop peu de mon lit, tu veux encor ma robe.

Rivale insatiable... (Méd., iv, 4.)

C'eût été peu des flots, la soudaine tempête

Qui trouble notre joie et dissipe la fête.

Enfante en moins d'une heure, et pousse sur nos bords

Un monstre contre nous armé de mille morts. (Androm., i, 1.1

Page 1