‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 106 sur 389 · BRUIRE. — BUTIN · texte numérisé non relu

BRUIRE. — BUTIN

De Pindar*, de qui premier

Gommenceray-je mon ode? (Bons., Ode*, m, 3.)

BRUIRE DE, retentir de :

Protecteur des grands rois, guerrier trop magnanime,

Puisse tout l'univers bruire de votre estime. {Llllus. com,t m, 10.)

BRUIT. SANS FAIRE BRUIT, sans faire de bruit :

Attends tans faire bruit que je t'en avertisse. (la PI, Roy., i\, 1.)

Voir ARTICLE SUPPRIMÉ et FAIRE BRÈCHE.

— FOURBER A GRAND BRUIT, fourbcT Ouvertement, avec éclat et ostentation :

Oui, madame, il est fort bien instruit A montrer de l'orgueil, et fourber à grand bruit. {Penh., iv, 4.>

BUT. Corneille fait un emploi figuré de ce mot, qui parait, au moins au premier aspect, peu correct:

Il suit toujours son but jusqu'à ce qu'il V emporte, {Nicom., v, 4.)

But est ici pour l'objet qu'on se propose comme but, et emporter pour remporter, selon Tusage d'alors. Voir notre article

— PRENDRE POUR BUT DE, s' assigner pour but de :

Sa valeur en ce lieu n'a point cherché sa gloire : Il prend Thonceur du ciel pour but de sa victoire.

{Inscrip. mise sous des estampes, m. La réduct. du Béarn.)

— BUT A BUT, fig. S* AIMER BUT A BUT, s'aimcT également et de la même manière :

Aimons-nous but à but, sans soupçon, sans rigueur, Donnons âme pour &me, et rendons cœur pour cœur.

{La Suite du Ment., v, 1.) Par le pouvoir de son art (d'une sorcière), de vieilles douairières trouvent,, dit-on, des jeunes gens qui tes aiment but à but. (Lesaob, Diable boiteux, vu.)

BUTIN, proie, au fig. :

Peut-être en ce moment qu'ici tu me cajoles.

Que tu remplis mon cœur d'espérances frivoles,

Ce rare et cher objet qui fait seul mon destin

Du soldat insolent est Findigne butin. {Ttiéod.. iv, 1.)

Notre grand comique a dit de même :

Au moins est-il en moi de promettre à ses vœux

Qu'on ne me verra point le butin de vos feux. (Mol.» D. Garde, iii, 3.)

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