CAUSER. — CÉLÈBRE
« Façon de s'exprimer prise d*un ancien proverbe triyial et indigne d*étre écrit, surtout en vers, » dit Voltaire.
Pourquoi indigne, dans le style comique?
CAUSER, V. n., converser, employé avec un régime indirect de personne :
. . . Lysis m'aborde, et ta me veux causer. [La Place ffoy., ii, 5.)
CE QUE, autant que :
Et Pompée est vengé ce qu'il peut l'être ici. {^oftP; t» 4.)
« N'est-ce pas dommage, demande avec raison Voltaire, que cette expression ait entièrement vieilli ? On dirait aujourd'hui : c autant qu'il peut l'être; » mais « ce qu'il peut l'être » n'est-il pas plus énergique? »
On trouve de même tout ce que y tout ce qui y pour tout autant que :
Elle étoit belle tout ce qu'on peut l'être. (M"* de VatBD., Ann, gaL, ii.) — Ahl ah ! ce jeune olBcier-ià est bien fait, je gage? — Tout ce qu'on peut l'être. Danc, Les VacanceSt se. vu.) — Nous sommes ingénieux tout ce qui se peut à ooas tromper nous-mêmes. (Lb Jeune, Serin, chois. t x\i, 1.)
CÉDER, comme le céder :
Beine, voyez par là si je vaux bien Phinée,
Si j'étois moins que lui digne de voire choix,
Et si le sang des dieux cède à celui des rois. (Androm., m, S.)
On ne peut plus rien faire, Dont la gloire ne cède à celle de Sévère. (Th. Corn., Maxim., i, 1.)
Ses vertus personnelles ne cédaient ni à celles de son père, ni à celles de sa mère. (St-Rbal, Conj. des Gracq,)
CÉLÈBRE, avec un nom de chose, public, solennel, éclatant :
Je n'ajouterai rien aux cêièbres témoignages qu'elle (la voix publique) vous rend, qu'une profonde vénération pour les hautes qualités qui vous les ont acquis. [Pomp., au Gard. Maz.)
Cette signification est toute latine. On trouve dans des sens analogues :
Le roi ne songeoit qu*à rendre ces noces eiiibres par des divertissements où il pût faire parottre Tadresse et la magnificence de sa cour. (H** de La Fatbttb, Prtne. de Clèves, u.) — On annonce son mariage comme revêtu de la solennité la plus célèbre^ comme suivi de tous les honneurs dus à son rang. (Cochin, Proe. Wert. Montbeli. Répliq.) » l\ se jeta sur Zelmîs , les yeux étincelants de colère, et l'auroit percé de mille coups, s'il ne l'eût réservé à une plus céttbre vengeance. (BifiNABO, ha Provenç.)
110 CENT. — CBRYELLB.
CBNTy pour un nombre indéterminé » en parlant de choses morales :
Et si voire reitm pooToit croiie mes knoes,
Yoas noas épargneriez cem mortelles elannef. (OEd., ir, 3.)
Bo vain pour me soumettre à ses lâches efforts.
Mon àme s seconé le joog de ecaf rewtordt* {Stri,, i» 1-)
Quand cem trombiet m'agitent.
Que la haine, Tamoar, l'honneur me sollicitent, Qn'â l'ardenr de paoir je m'abandonne en vain. Hélas! sais-je en état de vous donner la main? ^ (5kr., ii, 3.)
CERTAIN, AU CEKTAiN, employé comme une sorte de locution adverbiale, pour signifier, d*une manière certaine :
n ne t'est pas aisé de juger au eeriaim
Quel esprit meut Ion âme, ou ta langue, ou ta main. {'ani., m, 15.)
On a dit d'une manière analogue, pour tout certain :
En donix regard, en parolle et faconde.
Pour lotti certain, je ne sçay la seconde ;
Et qu'ainsi soit, je le dis et soustien. (R. db Colles, J^piii.. v.)
Pour tout ceriain, en on mot résolu.
D'aller vers vous j'eusse faict mon debvuir :
liais l'accident m'a gardé de vous veoir. (Id., tpisi, à ceri, dame».)
CERVELLE, mettre en cervelle, inquiéter, tourmenter :
Ta curiosité te «lef trop « cerse/l^. {MéL^ it, 1.)