‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 117 sur 389 · CHARGE. — CHARMEUR · texte numérisé non relu

CHARGE. — CHARMEUR

Je serois plus sévère, et tiens qu'à juste titre.

Vous lui pouvez tantôt en faire un bon chapitre. {Suite du Ment, , iv. 3. .

CHARGE. AUX CHARGES QUE, pouF, à la charge que :

Là j'aurai tout loisir de te le raconter,

Aux charges qu'à, mon tour aussi l'on m'entretienne.

Nous n'avons pu rencontrer cette locution ailleurs que chez Corneille.

CHARGEANT, fig., pesant, lourd, fâcheux :

Je ne vous en chargeai qu'afin de me défaire

D'un entretien chargeant et quimalloit déplaire. {La Gai, du Pal., ii. 8.)

. CHARMANT, subst. le charmant, opposé à Futile :

Cherche-moi Spitridate. et l'amène en ce lieu, Et nous verrons après s'il n'est point de milieu

Entre le charmant et Tutile. (Cinna., iv, 4.)

CHARMÉ. PRÉSENT CHARMÉ, pouT désigner la robe que Médéo envoya à Creuse, après l'avoir empoisonnée par ses charmes magiques :

Hélas ! vous recevez par ce présent charmé

Le déplorable prix de m'avoir irop aimé. (l/éd., v, 5.)

CHARMEUR, adj. :

Quiconque aime l'époux, Cria-t-il, de sa voix trouve l'accent si doux, Que de ses tons charmeurs Tamoureuse tendresse, Sit^t qu'il les entend, le comble d'allégresse. [ïmit., iv, 17.)

A la première vue un objet qui nous platt N'inspire qu'un désir de savoir quel il est, On en veut aussitôt apprendre davantage. Voirai son entretien répond à son visage, S'il est civil ou rude, importun ou charmeur. Eprouver son esprit, connaître son humeur. {La Gai. du Pal,, i, 8.)

Corneille dit de même subst. :

Eloignez quelque temps ce dangereux cAanii«iir. [La Venve, it, 2.)

C'est un des mots nombreux que Corneille gardait de la

laugue du seizième siècle :

(Platon) veut que ce soit pareillement l'olDce de la fortitude combattre à rencontre de la douleur, et à rencontre des immodérées et charmeresses blandiees de la volupté. (Mont.,£Mm m* ^3.) — Je m*en vais, lui disoit-il, vous monstrer. et faire voir sans lunettes, si n'estes du tout aveugle, qu'il y a une vertu char-meuse cachée es yeux. (Bouchbt, Serées, xix.)

On a dit comme Corneille au dix-septième siècle :

Vos yeux, ces beaux charmeurs, avec tout leur éclat,

Ne sont point accnsés de tant d'assassinats. (Rotrod, Vene,, m, 4.)

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