‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 149 sur 389 · U6 CORSAIRE. — COUCHER · texte numérisé non relu

U6 CORSAIRE. — COUCHER

CORSAIRE, fig., pour désigner le ravisseur d*une femme :

N'en doute plas, Pbiliste, un ravisseur inf&me

À mis en son pouvoir la reine de ton &me,

Et penl-étre déjà ce corsaire effronté

Triomphe insolemment de sa fidélité. {La Veuve^ iv, 1.)

COTÉ. DU CÔTÉ DE, ce qu'on dit aujourd'hui assez mal, sous le rapport de :

J'en remporte cette satisfaction , que je laisse le théâtre françois en meilleur élat que je ne l'ai trouvé, et du cô(é de l^rt et du côté de* mœurs. ( Pcrth. , Avis au lect. des prem. édit.)

Nous citerons, plutôt comme approchants que comme tout à fait semblables, les exemples suivants :

Les raisons qu'elle avoit de ne point épouser M. de Nemours lui paroissoient fortes du côté de son devoir, et insurmontables du côU de son repos. (H*« de La Fayette, La princesse de Clèves.) — Mille idées effrayantes venoient l'assiéger du côté de l'avenir. (Prév., Jlf^. d* un homme de quai,, i.)

COUCHE, s. fém. sing., pour signifier enfantement, couches :

Vierge devant ta couche , et vierge après ta couche,

{Œuv, div.t Louanges de la Vierge.) Et ta virginité dans ta couche est la même. [!bùi.)

Ce singulier était très-usité avant Corneille :

H"* de Guise s'en estoit allé à Parts pour y faire sa couche. (Pasq., Leil., ziii , 5.) — U** la princesse avoit résolu d'y faire sa couche, et y avoit fait tout préparer pour cet effet. (Malh., LeiL, à Peiresc, 24 mars 1610.)

— COUCHE, pour désigner l'union conjugale :

Bérénice est toujours digne de votre couche. {Tiieet Bérén*, ii, 2.)

COUCHER AU TOMBEAU, comme précipiter au tombeau :

.... votre fourbe maudite, Dont je fus à regret le damnable instrument^ À couché de douleur Tircis au monumetu. (MéL, iv, 6.}

— COUCHER D*iMPOSTURE, fouT payer d'impostures y par une figure empruntée au jeu :

Vous couchez if impocMre, et vous osez jurer,

Comme si je pouvois vous croire ou l'endurer. {Le Meta,, m, 5.)

Molière a dit de même, probablement par imitation :

Oui, traître, c'est ainsi que tu me rends service!

Je viens de tout eniendre, et vois ton artifice :

A moins que de cela, l'eussé-je soupçonné?

Tu couches d'imposture^ et tu m'en as donné. {V Étourdi, i, 10.)

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