‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 160 sur 389 · Ô8 COUTUMIER. — CREUX · texte numérisé non relu

Ô8 COUTUMIER. — CREUX

COUTUMIER, avec un nom de chose, habituel :

Je la vois, mais mon cœur, d'un saint zèle enflammé. N'en goûte plus l'appas dont il étoit charmé ; Et mes yeux éclairés des célestes lumières

Ne Urottveoiplus aaxsiena leurs gr&cet coutumièra. (Po/., iv, 3.)

Ce propos estoit eoustumier entre le peuple ancien : nous mourrons; car nous avons vu le Seigneur. (Calvin, LInstU.chréi,, i, 1.)

C'est lui qui les brigands effrayoit de sa voix,

Et des dents les meurtriers : d'où vient donc q[u'il endure

La faim, le froid, les coups^ les desdains et l'injure,

Payement eoustumier du service des rois? (D'Aub., Trag,)

Les astres nous cachoient leur clarté eouitumière.

Et la terre et les cieux n'avoient autre lumière

Que celle des éclairs. (Racan, Pa, lxxvi.)

Mon eoMumier exercice étoit de châtier les sottises, de rabaisser les vanités et de me moquer de l'ignorance des hommes. (Sorbl, Francion^ vi.) Contre ma bonté coutumitre Qui me fait toujours relâcher

Si vite à la moindre prière. (Chapbllb, Leu, à M** de YalenL)

(Sous Constantin) la vocation du dimanche et peut-être la sanctification du samedi ou du vendredi, devinrent eoutumitres, (Chat., Étud^ hisL, 2*étud., i.)

CRACHER, fig. FAIRE CRACHER LA LANGUE A QUELQU'UN !

Je te ferai cracher cette tangue traitresse.

Est-^e ainsi qu'on me sert auprès de ma maîtresse,

Détestable sorcière? («^ f^uve^ ii, 3.)

CRÉDIT, emploi figuré dans le sens de faveur:

Chez cette race nouveUe

Où j'aurai quelque crédit.

Tous ne passerez pour beUe

Qu'autant que je l'aurai dit. (CEuv. div., stances.)

— SE METTRE EN CREDIT, donner bonne opinion de soi :

Et quand il a dessein de se nuttre en crédit.

Plus il y fait d'effort, moins il sait ce qu'il Hit. {Suite du Ment., m, 1.)

CREUX, subst. DU CREUX du cercueil, du fond du cercueil :

Quand Maurice peut tout du creux de son cercueil,

A ce fils supposé dont il me faut défendre

Tu parles d'ajouter un véritable gendre ! [HéracL, i, 3.)

On dit d'une manière analogue :

Pourvu que je descende au creux ifun monument.

Je veux bien qu'il m'y suive. (Le card. db Richbl., Mirame, iv, 2.;

Et du creux de leur tombeau sortira cette voix qui foudroie toutes les grandeurs.

(Boss., Orais.fan. de la duch, cf Or/.) — Au son de cette voix toute-puissante qui

se fera entendre en un moment de l'orient jusqu'à l'occident, et du septentrion

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