‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 159 sur 389 · COUTUME · texte numérisé non relu

COUTUME

Depuis le jour qu'il eut été sacré, H ne mit plus de couronne sur sa tête tout le reste de sa vie, quoique les rois emsent de coutume de la porter les grandes fêtes et dans les cérémonies publiques. (Mbzbr., Ain-ég, ckron., an 987.}

Ménage a fait sur cette locution la remarque suivante : « Avoir coutwne, avoir de coutume^ tous les deux sont bons. Avoir de cou-tume est le plus usité. » [Obs. sur la langue fr., 2* p., c. 444.)

Il est plusieurs autres locutions où Ton employait ainsi la préposition de^ contrairement à Tusage actuel. Ainsi on disait :

AVOIR D*USAGE, comme avoir usagCy avoir coutume :

Ma commère a d'usage •

D'ouvrir au chappelaia son huys. {Farce d*un mary jaloux.)

IL n'est pas de besoin , pour il nest pas besoin ; il est de BESOIN , pour il est besoin :

Je vous recommande mes affaires , dont je vous parlay il y a environ deux jours, de quoy toutes fois i7 n'est pas beaucoup de besoin, veu nostre amitié. (Laniv., La Constance, m, 6.)

// n*est pas de besoin qu'on vous voie avec nous.

(L. C, Discret. Atvion, ui, 3.)

Lequel aussy vous porte neuf horloges pour faire des presens, tant au dict grand seigneur , bassas , que aullres auxquels vous verres qu'il sera de besoing pour mon service. {Leu. miss, de Henri IV, t. iv, p. 525, 9 mars 1595.) Laissez-moi : j'aurai soin De vous encourager, s'tï en est de besoin. (Mol., Femm. sav., v, 2.)

AVOIR DE BESOIN, comme avoir besoin :

Sa véritable gloire serait de nous donner la paix , les peuples en ont autant de besoin ici qu'ailleurs. (FLicH., Leu. gclxxxvii, au duc de Villars, 17 avr. 1707, édit. 1735.)

Avoir de besoin ^ être de besoin, pour avoir besoin y être besoin j se dit encore dans le centre de la France :

Je vous rends votre panier, je n'en ai plus de besoin, (C^* Jadbbrt, Gloss. du centre de la France.)

ÊTRE DE DOMMAGE , comme être dommage, causer du dommage :

Si j'ay esté contante que tu faces quelque petite niche au maistre, ju ne veux pas pourtant que luy faces chose que ce soit qui luy soit de dommage, (Lariv., La Constance, m, 4.)

IL N*EST DE MERVEILLE, pour ce n'cst pos Une merveille y il n'est pas étonnant :

Et n'est de merveille si Euripide.... (Lariv., Le Fid., m, 6.) n'y a-t-il pas de moyen? pour n'y a-t-il pas moyen? N^y a^t'Upaint de moyen de parler à ta maistresse? (Tournbbcj, Les Contens, y, 3.)

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