DÉPÊCHER. — DÉPLORABLE
Se départir de t s* employait assez souvent, et de diverses manières, pour signifier quitter, s'éloigner de :
Yiem corps tout épnisô de sang et de moûelle
D'où Vkme te déparia Joairez-Yous toujours d'uDe chose si belle
Sans nons en faire part? (Racan, Stances contre un vieilL jahkx.)
DÉPÉCHER, neutr., se dépêcher :
Dépêche, ta longueur m'est un second martyre. [La Veuve, ii, 6.)
Redoublez vos efforts; dépêchez, le temps presse. (Régnard.)
— DÉPÊCHER DE (un infin.), se hâter de :
Dépêchons seulement <f aller vers ces amants. (£0 Teuve, \i, 6.)
Il faisait marcher les détachements, quand il entendit un grand bruit du cdté qu'il avait quitté. Il jugea ce que c'était, et fit dépêcher de marcher. (H** ok La Fayette, Mém. de la cour de France ^ 1688.)
DEPENDRE de, avec un infin. pour régime 'indir. :
Ma guérison dépend de parler à Mélite. {MéL, v, S.)
Votre bonheur dépend de vous aimer toujours. (Quin., Roland, m, 6.) Notre salut dépend de tout précipiter,
De n'être point surpris. (Id., Astrale, iv, 1.)
L'espoir de votre amour, la paix de vos Ëtats, Tout dépend cf immoler cette grande victime. (Id., Thésée^ y, 3.)
Il vit que son salut Dépendait de lui plaire, et bientôt il lui plut. (Racine, Bajazet, 1, l.j
Suffit que deux cœurs de cette nature se rencontrent un moment, pour sentir qu'ils sont nécessaires l'un à l'autre, et que leur bonheur dépend de ne se séparer jamais. (Prbv., Mém. d*un homme de quai.)
DÉPIT. EN DÉPIT DE MON CRIME , expressiou singulière justement critiquée par Voltaire :
Et je m'ose assurer qu'en dépit de mon crime
Mon sang leur servira d'assez pure victime. {On., iv, 7.)
« On ne peut pas, observe le commentateur de Corneille, dire en dépit de mon crimes comme on dit malgré mon crimes quel qu'ait été mon crime, parce qu*un crime n*a point de dépit. On dit bien en dépit de ma haine, de mon amour y parce que les passions se personnifient. »