‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 197 sur 389 · DISGRACE. — DISPENSER · texte numérisé non relu

DISGRACE. — DISPENSER

— Oai, ces deax dont je tiens et l'honneur et la vie.

— J'en sais tout le discourt, mais dis-moi seulement...

(RBQfCiBR, C/om et PhiL)

DISGRACE. LA DISGRACE d'une piège, son mauvais succès :

Le contraire est arrivé de Théodore, que les troupes de Paris n*y ont point rétablie depuis sa dUgrûcty mais que celles des provinces y ont fait assez passablement réussir. {Eram.de la Suite du If^n/.)— J'ajoute ici, malgré sa disgrâce, que les sentiments en sont assez vifs et nobles, les vers assez bien tournés. {Exam. de Perih,)

DISGRACIER (se) , encourir la disgrâce de quelqu'un : • Voilà le vrai chemin de te disgracier. (C/tV., v, 3. 1'** éd. jusq. 1644 inclus.)

DISPENSER, dispenser les lois, être le ministre des lois :

Un mari, qui content d'être au-dessus des rois,

Me donne ses clartés et dispense mes lois. (Pulch,, v, 3.)

— DISPENSER, avec un rég. dir. de personne, autoriser :

Corneille a plusieurs fois employé ce verbe dans cette signification, soit à Tactif, soit au passif ou au réfléchi. Voltaire l'en a repris comme d*une faute de français. C'est qu'il ignorait complètement la valeur primitive et fondamentale de ce terme , à propos duquel des philologues môme distingués ont commis de graves erreurs. Nous allons faire voir avec quelles curieuses variations on l'employait d'abord dans un sens positif, et mon- .trer comment il a passé à la signification négative, la seule usitée aujourd'hui.

On a dit activement dispenser, suivi d'un substantif ou d'un

mot qui en tient la place, pour accorder :

En mon esprit ne puis assez penser

Ne le moyen de vous recompenser,

Dont vous a pieu de moy vous enquérir.

Antre que vous ne quiers me dispenser. (R. ds Gollkr., Êpistre.)

C'est-à-dire : je ne demande que vous m'accordiez autre chose que vous-même. Ici le nom de personne équivaut à un nom de chose, et c'est au fond la même signification que quand nous disons dispenser des biens, dispenser des maux, dispenser des grâces, dispenser des châtiments, etc. Mais de même qu'on employait et qu'on emploie encore dispenser avec un nom de chose pour signifier accorder, anciennement on l'employait avec un nom de personne pour signifier autoriser. Ainsi on trouve :

Dispenser quelqu'un à, l'autoriser à :

Accueilli d'autre n'en sera Que mon mary dans ma pensée.

Ce qu'on voaldra l'on pensera ; D'aultre ne seray compensée.

Car à ce ne suis dispensée, Quelque mal que j'aye ou souffrance* C'est quant à la chose pensée;

[1 en est prou d'aultres en France. {Cciin qui hue et detpUe Dieu en

un moment à cause de sa femme.)

On a commis mi contre-sens dans le Glossaire de Yoncien Théâtre français de la Bibliothèque elzevirienne, en traduisant ce dispensée par disposée.

Nous ne croyons pas inutile d'indiquer encore un exemple curieux où dispenser se trouve dans le sens d'autoriser, avouer :

Tu me dois dispenser^ saincte ombre de Léonte, Si la force d'amour mon amitié surmonte I

(ScHBLAifDRB, TffT Cl Sid^j 2« joum., m, 1.)

— ÊTRE DISPENSÉ A QUELQUE CHOSE, y étrC autorfsé :

Quoi ! s'il aimoit ailleurs, serois-je dispensée

A suivrcy à ton eiemple, une ardeur insensée? {PoLy ai, 2.)

Voltaire s'écrie :

« Dispensée à n'est pas français; elle veut dire, serais-ye auimùà» A. »

Pour que cette remarque fÙt juste , il fallait dire : n'est plus français.

Clément Marot offre un exemple semblable de dispensé pour ' atUorisé.

On a dit de même être dispensé de, être autorisé à :

Constance, fille de Roger de Sicile, et sœur de Guillaume, aussi roy de Sicile, fui tirée hors d'une abbaye de nonnains de la ville de Palerme, et dispensée de se marier. (Bouchbt, Serées^ v.)

On trouve aussi être dispensé pour^ suivi d'un infinitif, dans le sens de être autorisé à :

Que le caresme et jeusnes viennent, je suis dispemée pour manger de la chair. {Caquets de Vaecouchée, V* journée.)

— DISPENSER A, avcc Un uom de chose pour sujet, autorisera, livrer, faire qu'on s'abandonne à :

Je ne suis plus à moi, quand je viens à penser

A quoi l'occasion me pourra dispenser, (Clii.y ii, 9.)

A trop d'emportement ton zèle te dispense.

Tu parles de supplice où je dois récompense. (T. Corm. , Sii^tcov, ii, 5.)

On a dû l'employer de même, suivi d'un infinitif, et dire aussi, dispenser (/e, suivi d'un substantif, pour signifier autoriser à. Nous

n'avons pu rencontrer d'exemples de ces deux cas; mais nous avons trouvé être dispensé d'une entreprise^ pour signifier obtenir l'objet que l'on poursuit :

H ne m'enchauit d'esire tensée Pourveu que de monenireprUe

Je sois à jamais dispensée, (R. de Coller., MouoL d'une dame fort amoureuse d*ung sien amy.)

On trouve des exemples fréquents de dispenser de, suivi d'un infinitif, dans le sens d'accorder la permission de, d'autoriser à :

J'ay telle confiance en vos loyantez et en l'affection que vous me portés et au bien de mon royaulme, que je vous dispense et permets de favoriser et promouvoir, en ceste élection, tels des autres cardinaux du sacré collège qu'en vos * consciences et en la cognoissance que vous aurés duj^rogrès du conclave, vous adviserés et jugerés tous ensemble debvoir estre approuvé et favorisé par Nous. [Uu. miss, de Henri IV, 28 oct. 1604, t. vi, p. 321.)

Louis Guyon, parlant de l'avocat Féron, mari de la belle Ferronière, dit :

Enfin le mary dispense sa femme de s'accommoder à la volonté du roy ; et, afin de n'empescher rien en ceste affaire , il fit semblant d'avoir affaire aux champs pour huit ou dix jours. [Diverses leç.)

Les exemples suivants, qui appartiennent au dix-septième siècle, offrent encore la même signification :

Il faudra que vous me dispensiez encore pour cette fois de vous entretenir en mon patois ordinaire, tel que je le parle avec mes outirons et mes vendangeurs. (Racan, Leu, à ChapeL, nov. 1656.) — En ce temps-là il n*y a pas d'apparence qu'on dispensât tout le monde, comme on fait aujourd'hui, d'user de lait et de fromage en carême, autrement ce malade n'aurait pas eu besoin d'une dispense do chapitre. (Haucroix, Blém,, c. vi.)

— Corneille emploie aussi dispenser absolument, toujours dans le sens d'autoriser :

Je ne mens plus, Cliton^ je t'en donne assurance,

Mais en un tel sujet l'occasion dispense» {Suite du Ment.» i, 6.)

L'occasion convie, aide, engage, dispense. (Ibid,, m, 5.)

— SE DISPENSER A, suivi d'uu substautif, s'abandonner, se livrer à; se donner la liberté de faire une chose ;

Si d'étemels dédains, si d'éternels ennuis.

Les bravades, la haine, et le trouble où je suis,

Ont été jusqu'ici toute la récompense

De cet amour parjure où mon cœur se dispense.

Il est temps désormais que par un juste effort

J'affranchisse mon cœur de cet indigne sort. (PeriA., iv, I.)

Qu'à mille impiétés osant me dispenser. {La Suit., v, 2.)

Ainsi, dorosnavant, après la foy donnée.

Nous ne respirons plus qu'an heareiix hyménée,

Et ne touchant encor les droits que du penser

Nos feux à tout le reste osent se dUpeiuer, [CHt., l'**éd.jasq. 1644 inclus.)

Cet emploi était très-fréquent au dix-septième siècle :

Mais comme, quelque effort où ce cœur $e dùpeiuef

Aimer quand on le veut passe notre puissance,

Par un contraire effet, qui brave tous nos soins,

On aime bien souvent quand on le veut le moins. (T. Cohn., l'yrrA.. i, l.)

A trop d'emportement la reine te dispense.

Quand... ild., Timocr.y ii, S.)

Et ceux même qu'on sait que le ciel seul occupe,

Des singes de leurs mœurs sont l'ordinaire dupe ;

À quoi que leur malice ait pu se dispenser.

Leur appui leur est sûr, s'ils l'ont vu grimacer. (Id.. Fesude Pierre, y,%.) '

L'effort que je refuse à ma reconnoissance

Par la seule pitié la reine s* y dispense. (Id., Ganm., iv, 5.)

La visite où pour vous ici je me dispense.

Peut-être choquera l'exacte bienséance. (Id., Gai. doublé, v, 1.;

S'il éioit permis de se dispenser à la raillerie sur une matière de ceUe importance, je dirois que... (Ctbano, Leii. div.^ cont. les Frond.)— L& liberté, peat-êlro un peu trop grande, où je me suis dispensé dans mes épigrammes, est une suite de mon dépit. ( M"* de Villbd., Journ. am , 5* p., 8* j.) — Vous voulez savoir le sujet de leur conversation ; vous mettez tout en usage pour l'apprendre ; et si vous en découvrez la moindre parole, vous rout dispensez aussitôt il la conjecture et au commentaire. (Id., iàid., 6* p. 10« j.) — Il se dispensa à des choses fort contraires au respect qu'il devoit à son pore. (Id., Annales gai., 1'* p.) — Je ne sais comme il a été possible que ma raison se soit dispensée aux extravagances que j'ai commises. (Id., ibid,, 5* p.) — J'assurerai Porcie que vous ignorez les libertés où elle se dispense, en écrivant à Hortensius, et je lui ferai appréhender qu'elles ne viennent à votre connoissaoce. (Id., Amours des grands hommes, Caton d'Utique.)

On trouve au dix-huitième siècle .

En effet, à me voir appliqué sans rel&che

Aux malheureux complots où mon courroux m'attache.

Qui ne croiroit, seigneur, du moins sans m'offenser,

A de honteux soupçons pouvoir se dispenser? (Grêbillon, Sémir,, m. 3.)

On a dit d'une manière analogue, se dispenser en :

Il ee dispensa en une infinité d'opinions et de libéralités extraordinaires, qui réduisirent ses affaires en un abysme, dont je laisse l'inventaire au Suétone qui fera sa vie. (Pasq.. Leti., xiv, 2.)

— SE DISPENSER à, suivi d*un infinitif, se licencier à, prendre la licence de, se donner licence de, se laisser aller k :

L'amour devient servile alors qu'il se dispense

A n'allumer ses feux que pour la récompense. [La Veuve, it, 4.)

Il falloit un prétexte à vaincre sa colère,

Il y fallott du temps, et pour ne vous rien taire.

Quand je me dispensais à Inî mal obéir.

Quand en votre faveur je semblois la trahir,

Peut-être qu'en son cœur plus douce, et repentie,

Elle en dissimuloit la meilleure partie. Poriog., i, 5.)

A propos de ces derniers vers , Voltaire a fait cette remarque :

c Quand je me dispensais à lui mal obéir n'est pas français. On se dispensa d'une chose, et non à une chose. »

Il n*a pas compris, et a fait un de ces contresens étourdis qui lui sont familiers, dans le Commentaire, M. Génin est de même tombé dans un étonnant contre-sens, à propos d'un vers analogue de Molière. Voici son article : « Se dispenser (i, se disposer à » :

Et c'est aussi pourquoi ma bouche se dùtpeiite

À vous envier mon cœur avec plus d'assurance. {Dépit am.^ ii, 1.)

« Autrefois dispenser se disait en pharmacie pour disposer, préparer :

Plusieurs auteurs ont écrit en détail la préparation des remèdes que les apothicaires doivent dispenser. Dispenser la thèriaque, c'est-à-dire la préparer. Les statuts des épiciers portent que les aspirants à la maîtrise dispenserom leur chef-d'œuvre en présence de tous les maîstres. ^Furetiére.;

« Cette ancienne valeur du mot dispenser est encore attestée par le mot anglais dt5/>en5ary, pharmacie, dont nous avons refait, à notre tour, dispensaire. »

Se dispenser, du Dépit amoureux^ a exactement la même signification que dans Corneille, et la pharmacie n'avait absolument rien à voir ni à faire ici.

On a dit, comme Corneille et comme Molière :

Je finis, mon très-cher monsieur, en vous demandant pardon de ma longueur. Mats, surtout, de ce que je me dispente si familièrement à m'écarter de mon sujet avec vous, qui avez Tesprit si juste et si délicat. (Batle, Leu.y à M. Minutoli, 31 janv. 1673. ) — Vous savez bien que messieurs les Allemands se dispensent volontiers à faire des digressions pour étaler leur lecture. (Id., ibid.y au même, 17 sept. 1681.)

On a dit également se dispenser de^ suivi d'un substantif, se permettre telle cl^ose :

Il estoit si nouveau et escolier à faire brigue et menées (je me tiispcnseraff de «e mot) qu'il ne s'en mesia que bien peu. (Pasq., Leit., vu, 10.)

Et se dispenser de, suivi d'un infinitif, s'accorder la licence de, prendre la liberté de :

Les papes se dispensoient de faire toutes choses qui leur tenoient à gré. ( Pasq., tUeh., m, 91.)— Lisez un petit livre qu'il intitula Les FahstrieSt où il ee diepensa

SIO DISPENSER.

plos lieeneieusemcDi qu'aïUeundc parler do nesticx de YéiiBft. Cld.,i*îd., vu, 6.) ^ Si, par une Douvelle liberté de leur cuftsfirnce, ils «'esiMaa 4itprutn ifexercer à bois oovert par toot le royaume leur tcli^un, auparavant %«*il j east édit qui kar eD donnast la permissioD, et contre les iBbihilion» eapresses de celny do mois de joUlet, il ne falloît pas uoo^er e^traDge qoe ce prince (le doc de Goiat;, poor la manotentîon de Tancienne, n'cuât rien ooblîé en arrtéte. ^d.» LeiL, ïT, ^-} — Toot de cette mesme façon sesh-û dispemû plosieurs fois cToser de «lots inaccoauunés. (Id., Uid., Twm, 1.) ~ En empronlani qneiqoe eiiooe des Romains , qoelqoes-iins des nosties se dispemstrttu, aree le temps, de faire ees snperlatifs françois, doctissime, révéïendissime, illnslrissîme, excellentissime. (Id., Urid') — Ces Serées ne pooToient mieox sortir en lomière qoe après avoir •st^, •» kb ploi somrent on se ditpemt de plier on peo plos le ooode qm' w nu antre repas. vBoochet, Séries, t.] — El n'y a homme si sage, si discret, si retiré et si sévère, qui. entre le vin et les viandes, ne «e dupaucdc dire cl escouter quelqoes propos poor rire eliesjouyr lacompaignie. (Id., iMd.» tv.'j — 9n passe aisément d'un degré à l'autre; ce qui s'est fait par une nécessité in\ incible, on prend droit, on u dupetue de le faire sans nécessité. (PATav. Tfaitf., vi. ) — Je ne pensois ré^ pondre à votre première lettre, que le gentilhomme qui me l'avoit rendne ne s'en retoumast en \o% quartiers. Maïs, sans mentir, la seconde me serre le bouton de trop près, pour me dUpctutr de prendre un si long délai. (Malb., Lefi, à M. ***. ] — Je me diepetueroff pourtant encore, poor cette fois« de vous lemercier des bctts avis que ^ous me donnez sur cette versification. (Racah, tel/., à Chapelain.)

Il reconnut ma franchise.

Et que mon ame soumise

Au respect que je ioy dois.

Ne s'estoti point diâpeueéë

n'avoir jamais de pensée

Contraire à ses saintes loix (Id., Psaum,, xvii.)

C'esl parce que le vrai sens de dispeiisei* est autoriser à, donner

la permission de , et, avec le pronom personnel , s'autoriser à ,

prendre la permission, prendre la liberté de, qu'on troave se

dispenser de avec ne :

Si nous trouvions que ce Candaules eust esté le premier et le dernier roy qui auroil faict ce tour, encore uout poorrions-nons aucunement dispeiUMr de ne croire cette histoire. (U. Estikkhe., Apol. peur Hirod.f Disc, prél.)

'C'est-à-dire : Encore pourrions-nous prendre la liberté de ne. SX de même :

<Us disent que tous ceux qui avoient esté nounis en Piedmout sous la main de ce seigneur, ettoieut dUpetuez de ne croire en Dieu que sur bons gages. (Boyvir oc VtLLAHs, Mém., à Mgr lu duc de Seuilly, 3* aveit. au lect.)

— SE DISPENSER, absol., s'accordcr, prendre tme.liberté :

Ma curiosité pour ce demy-quart-d'heure

6"osera dUpemer, (V^^m iii> <>•)

tLa transition entre le sens ancien et le sens moderne et le mélange de ces deux sens sont très-remarquables dans l'exemple suivant :

S'ilie trouve quelque censeur auquel ces petites recherches ne plaisent, comme

chose de non- valeur, toai ainsi que je me tuis duptiui de les escrire, aussi se poarra>il dispenser de les lire. (ET. Pasqdibr, Beeherekes de ia France,^ vinl 47, éd. 1621.)

Évidemment, dans le premier cas, je me suis dispensé signifie jai pris la liberté^ et dans le second cas se dispenser signifie s'exempter. Pour parler correctement la langue du seizième siècle, il eût fallu dire : se dispenser de ne les lire. La confusion et Tincorrection réelle qui existent dans cette phrase venaient de l'introduction récente de la signification moderne. ' Le substantif dispense s'est de même employé pour permis^ sion, autorisation en général :

Pour le présent pensant au faict d'amours. Je suys troublé, car j'ay congneu tousjours Que loyauté n'a point de recompense, Bt que les folz obtiennent la dispense , D'avoir le fruict qui en vient tous les jours.

(J. Harot, Cinquante rond, swr toutes sortes de mal-, Joye xii.) LK cuAULDftON. J'ay espérance de bien boire. LE SAVETIER. Et moy en empliray ma pance.

Car j'(en) auray meilleure mémoire.

LE CHAULDRO.N. Et moy meilleure pacience.

Tais-toy« nous en aurons dispense, [Farce d'un chouldrannier.) Lesquelles, sans avoir dispense.

Au moins ainsi comme je pense, Pretendoienl d'avoir bénéfice.

{Apol. des ehamberières qui ont perdu leur mariage à ia blaneque.) Tant s'en faut que l'édict qui a esté naguère publié opère au contraire, que j'espère qu'il en arrivera tout autrement, par le seing que j'auray d'user d'içeifiiy; lequel paroistra d'autant plus grand qu'il ne faisoit auparavant, que j'auray par la publication dudict edict plus de liberté et dispense d'en user autf ement. {Lett. miss, de Henri IV, 1599,.t. v,.p. 106.)

Toucber son beau sein librement.

Elle en donne dispense, [Comédie de chansons, v, 2.)

Lors ma passion vous prie de me pardonner le mal que ^ ous m'avez fait et vous donne dispense de me baïr. (Théophile, Lett., xxx, à Caliste.) Je rougis quand j'y pense, Et ma condition ne peut avoir dispense De conter devant vous 4e fli^eUes actioqs Us tachoient d'assouvir leurs folles passions. (Racan, Berg., m, 2.)

Les mots e/i5/>emer, dispense y ont donc complètement changé de signification. Dispenser a signifié d'abord autoriser, puis on l'a employé pour signifier autoriser à ne pas faire, d'où Facception actuelle.

Par un pareil procédé de l'esprit, quantité d'autres mots français ont passé du sens positif au sens négatif. II suffit de rappeler rien, personne^ aucun.

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