‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 2)Chapitre 196 sur 389 · DIFFAMER. — DIMINUER · texte numérisé non relu

DIFFAMER. — DIMINUER

DIFFAMER de, couvrir de la honte, de l'infamie de:

Emprunter le secours d'ancno pouvoir humain,

D'un reproche éternel diffameroit ma main. [Méd,, iv, ô.)

DIFFÉRENCE, mettre différence entre une personne et UNE autre :

Mon peuple aura des yeux pour connottre son roi,

Et mettra différence entre un tyran et moi, [Perth., iv, 4.)

DIFFUS, part, passé, diffus sur, répandu sur:

Et plus cette faveur sur la terre eei diffuse.

Plus elle y fait briller U grâce et ton amour. {imit., iv, 1.)

— DIFFUS, adj., abondant :

Dieu souvent est prodigue après de longs refus,

Le bonheur qu'il diffère en devient plus diffus. (Imti., iv, 1.)

DIGNE, avec un nom de personne.

Corneille dit avec unje énergique concision : au plus digne que je..., pour, à celui qui est le plus digne que je... .

Marquis, prenez ma bague, et la donnez pour marque

Au plus digne des trois que j'en fasse un monarque. {D. Sanehct i, 3.)

— DIGNE, avec un nom de chose, dans lé sens de relevé, éclatant, noble :

Et cette même reine est un exemple illustre

Qui met tous vos hauts faits en leur plus diyne lustre.

{La Toit, d^or^ m, 1.) L'avantage du change en ôte l'infamie.

Allez, n'en perdez pas la digne occasion ;

PoursuiveZ'la sans honte et sans confusion. (D. Sanche, m, 1.)

Je suis ravi de voir qu'au milieu de vos flammes De si dignes respects régnent dessus vos âmes. (Andrcm., iv, 6.)

DIMINUER QUELQUE CHOSE DE, aifaiblir en quelque chose :

Comme la gloire de Votre Ëminence est assurée sur la fidélité de cette voix publique, je n'y mêlerai point la foiblesse de mes pensées, ni la rudesse de mes expressions, qui pourroient diminuer quelque chose de son éclat. {Pompée, au card. Mazarin.)

On trouve d'ime manière analogue, sans régime direct :

La familiarité, de laquelle un grand seigneur qui est honnête homme se défend moins qu'un autre, diminue insensiblement du respect. (Rbtz, Mém,, v, 1655.} — Je crains que l'opinion qu'il a de votre bonté ne diminue du crédit que je voudrois sur son esprit. (M** de Mainten., Leii., au card. de NoaiU., 30 nov. 1703.)

t04 DIRE. — DISCOURS.

DIRE, V. act., dans le sens de parler de :

Réserve è d'antres temps cette ardeur de courage.

Qui rend de ta valeur nn si grand témoignage.

Ce duel que lu dis ne se peut concevoir ;

Tu parles de Clitandre, et je viens de le voir

Que notre jeune prince enlevoit à la chasse. (C/ii., i, 7.)

— TROUVER A DIRE A, trouver qu'il manque quelque chose à :

La robe de Médée a donné dans mes yeux;

Mon caprice, à son lustre attachant mon envie,

Sans elle trouve à dire au bonheur de ma vie. {Mid., n, 3.;

DISCERNEMENT, avec le pluriel :

Plusieurs parlent beaucoup sans être bien instruits, Et leur témérité sème tant de faux bruits

Qu'on croit fort peu tant de paroles ; N'en conçois donc, mon fils, ni chagrin, ni courroux,

Pour leurs dUcememetas frivoles, Puisqu'il n'est pas en>toi de satisfaire à tous. [ImL, m, 96.)

DISCORD , discorde, allumer le disgord :

Pourrez-vous quelque chose après qu'un père mort

N'a pu dans leurs esprits allumer le ducord? {Le Cid^ v, 3.)

Corneille a dit encore :

Lorsque Mars se prépare k tout couvrir de morts,

Un illustre Romain étouffe ses discorde,

En dépit des fureurs en deux camps allumées.

{Intcrip. miees soue des estampes, xii, Paix de Cazal.) Prenez soin d'apaiser les diseords de mes fils.

Qui par les nœuds du sang vous deviendront unis. (CEà.^ v, 6.)

Mais leurs sanglants diseords qui nous donnent des maîtres Ont fait des meurtriers, et n'ont point fait de traîtres. {Sert., i, 1.)

DISCOURS, histoire, récit :

Mais, sit6t qu'il me vit, il me dit mon histoire ;

Et je fus étonné d'entendre le discours

Des traits les plus cachés de toutes mes amours. [LIHuk. eom., i, 1.)

Je vais de ses amours Et de tous sea hasards vous faire le discours > ' {Ibid., i, 2.)

Discours, dans ce sens de récit, histoire, est antérieur à Corneille :

Il vaut mieulx que nous escripvions tout du long le discours entier de la meinée, et la ruse et malice de la feinte qui ne fut pas petite. (Amyot, Vies, Lysandre.) Du lict elle instruisit et consola ses frères Du discours animé de ses douces misères. (D'AuBiGNi, Trag,j iv.)

.... — Ne les connais-tu point?

— Ceux qui furent blessés lorsque tu fus ravie?

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